sur des esquifs les pensées
arrivent en rameaux

souvenir fissipare:
un pas plein de pas
qu’écrit l’oreille.

visage de cendre penché,
(remors: plus de dents que de visage)
une cannelure rouge dans le gris,
dégoûte

langues d’ombre
coulisses humides, rues déclives:
lente manducation souterraine.

les montagnes marchent maintenant

CLFT0063 – Yves de Mey

Rédigé le 5 avril 2013 par admin · Classé dans CLFT Podcasts
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En tête du cortège qui s’étend jusqu’aux Rostres, s’arrête au Forum romain, sont brandies les armes du défunt. La congrégation funèbre a placé à sa tête les histrions qui chacun anime les petits mannequins confectionnés sur le modèle du trépassé. Ils tremblent dans le vent, s’agitent sous la geste éplorée, se convulsent sous les ruades.
Enfourché à l’extrême d’un bâton, par dessus la foule qui scande puis s’éteint, émerge le masque de cire scrupuleusement moulé sur le visage mort; le volto arraché. Les fils se passent cette torche d’un autre monde, c’est un relais bien plus ample qui s’effectue; le père découvre ses traits pour quelques temps figés; il est là encore, on l’épand sur l’oppidum comme on laisse en Perse les cadavres aux tours de silence et aux rapaces; sa barbe boucle au bout de sa tête découpée. Les éloges s’amenuisent, on déplace l’imago jusqu’à sa demeure finale, on la place dans une niche, à découvert dans l’atrium.
C’est la première image. C’est un visage d’ancêtre qui surgit du sommeil.

« Un vrai peintre ignore ce qu’il fait. Parfois le peintre croit qu’il est comme un aigle avec sa serre au dessus des levrauts des images alors que tous les peintres sont des levrauts, des rats, des petits passereaux sur lesquels s’ouvrent le bec et les serres du grand aigle des images nocturnes qui dresse à plusieurs reprises chaque nuit leur fascinus. »

Rédigé le 1 mars 2013 par admin · Classé dans News
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Le bar, le pascal, le pièze, le pouce, le barye ou le psi… Aussi variées soient elles, aucune de ces multiples unités ne saurait mesurer à sa juste valeur la pression que Percyl, de ses quatre mains fermes et tenaces, exerce spontanément sur ses douces proies auriculaires. D’une froideur astringente, le sujet contraint ici l’assujéti, qui, inéluctablement, s’écrase alors sous le poids de l’étreinte. Dénouement maturé d’une complicité juvénile à l’imagination débordante, Exopia est un univers abyssal submergeant dans lequel nous ne pouvons que plonger en apnée, le souffle coupé et le pouls haletant. Clément et Baudouin se plaisent à y capturer leurs prises, gisantes là, inertes et sans voix, emmêlées dans les tumultes d’un filet sonore à la maille solidement acérée. Tant mieux, nous sommes victimes heureuses, puisqu’après tout il s’agit d’écouter.

Rédigé le 12 février 2013 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Rédigé le 12 février 2013 par JNPLSRC · Classé dans Images, Raveries
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A la pieuse qui marche dans tous les pas
ceux des ladres des pèlerins des colporteurs
et à la nuit
des autres affairés
ceux qui mettent en déroute le sens des chemins

A la pieuse qui n’ouvre pas l’espace mais s’y glisse

A la pieuse qui porte des jours durant sa maison de salpêtre sur son dos comme une modeste bateleuse,
achalandant d’histoires
-des siècles sous ses pieds– ses soirs incertains

A la pieuse, ivre, perquisitionnant le présent frais où elle compte ses années et les premiers jours des autres
à la pieuse qui réclame comme le fossile sa couche de temps
pour être là

sa latence

à la pieuse, quels arguments donnez-vous pour retrouver son refrain?

Rédigé le 25 décembre 2012 par MARCALB · Classé dans CLFT Podcasts
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« Per Aqua et Ignem » – que de bien vagues débris d’une option sélectionnée jadis à notre insu nous permettent encore de traduire – orne de son slogan le blason de la chétive cité portuaire de Wexford. Nous l’aurions imaginé américain, tapis dans les plus sombres ruines d’un Michigan en détresse, mais Lee Holman n’est qu’irlandais et vit depuis toujours dans ce havre gaélique à l’intrigante devise. C’est donc « à travers l’eau et le feu », que la ville accueille l’étranger, et de la même sorte, qu’elle semble avoir éduqué ses autochtones. Brasiers liquides, ressacs incandescents, flots combustibles… Chez Kawl, son propre label, Lee reconcilie deux éléments a priori incompatibles. Il nous brûle quand il se mouille, et nous abreuve quand il s’enflamme. La fournaise jouxte l’humidité, et la vapeur qui s’en échappe perle en douceur sur les parois de nos tympans. Chaleur du son et fluidité rythmique façonnent l’ambience particulière de ses compositions, sans se morfondre ni même s’ébouillanter. De ce mélange marécageux, assemblage de cendres fumées et de lymphe translucide, nous revenons à nos présupposés : Waes Fjord, en vieux norrois, signifie « bras de mer en terrains boueux ». Detroit techno, c’est bien de cela qu’il s’agit.

Rédigé le 10 décembre 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Rédigé le 19 novembre 2012 par JNPLSRC · Classé dans Images, Raveries
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Rédigé le 19 novembre 2012 par JNPLSRC · Classé dans Vidéos
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« Il arrive qu’à force de marcher, mais sans nécessairement en faire une ascèse sportive, juste en déambulant, on perde peu à peu le sentiment de son identité propre. »

Marche indolente sur le tranchant musical, le parcours de Solenoid est, lui aussi, fait de soustractions chroniques, de parturitions tardives et de métamorphoses inattendues. Spires disjointes, rassemblées par la constante attraction sonore et le travail de son lien, la sinuosité de son cheminement comme le circuit aléatoire du poète marcheur étalent les bénéfices des déambulations gyravogues et filatures improvisées.
Arpenter les villes de traverse, bêcher les lignes de désir et s’engorger dans des corridors suspects vaut mieux que d’être enlevé aux carrières rectilignes; c’est encore dans l’imprédictibilité qu’on trouve le ravissement. Les détours et rallongis forment aussi le faix qui à peine dételé expulse l’ahan, confirment les intentions; Solenoid maintenant regagné à l’anonymat, délivre l’écume de ses pérégrinations musicales: une techno au message limpide, grenue, chargée d’intensité; une ligne ou un trait exalté dévolu à l’excitation des corps.
Son podcast comme son label -où la démarche d’un picaresque berlinois lui est jointe- recèlent le circuit d’errements urbains, réitèrent les sensations amassées de part et d’autre de la rigole et l’agitation des clos capiteux vers lesquels se trouvent souvent retranchés les errants citadins.

Rédigé le 7 novembre 2012 par MARCALB · Classé dans CLFT Podcasts
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Sous le dais new-yorkais court au désert un concert; chapée de liège, la ville dont les confins se meuvent contre ses spectateurs, ne le leur laisse des pantomimes qu’un geste incertain et, des tapages, qu’un râle inconsistant. Œillade repêchée par un ouvreur bienveillant, dont le nom volontaire, dépassant sans voix l’injonction du cirque, ce podcast est le parcours d’un spectateur tardif dans l’obscurité de l’avant-scène. Voyage éteint à la main du placeur, entre les bruissements d’hommes et leurs trajectoires flottantes, une épingle contre la rumeur d’une métropole. La parentèle patronymique du passeur rappelle les recherches du maître italien Russolo; tous deux animistes citadins, industriels, emplissant chaque bruit d’un esprit à connaître et objecter, fondent leurs ensembles acoustiques sur les interférences les plus immédiates:

roars – claps – noises of falling water – driving noises – bellows
whistles – snores – snorts
whispers – mutterings – rustlings – grumbles – grunts – gurgles
shrill sounds – cracks – buzzings – jingles – shuffles
percussive noises using metal – wood – skin – stone – baked earth, etc.
animal and human voices: laughter – rattlings – sobs - shouts – moans – screams

Déjouer les architectures musicales en prélevant sur la bande concrète ces noise-sounds, chercher dans le mat de nos propres pas les motifs de nos consolations pour composer des étendues sonores inouïes; le bruitisme puis la techno se font le relevé méticuleux du thème musical premier, la chronique benoite glanée à l’écoute attentive du ressac des jours. Comme chaque description du Brooklyn d’Agee ce set égraine l’hypostase, dévide ses notes en séries, file sa glose jusqu’à la cataracte de son auditeur.

Rédigé le 13 octobre 2012 par MARCALB · Classé dans CLFT Podcasts
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Établir de nouveaux records, oser le grand saut, briguer l’adrénaline, franchir le mur qui nous sépare du son… Nos intentions n’étaient de fait guère plus éloignées de celles auxquelles se prétend aspirer l’insolent Salzbourgeois Felix Baumgartner, à quelques détails prés.
Nous planions jusqu’alors, à des milliers de pieds du commun des mortels, observants calmement, enorgueillis de la distance qui nous sépare des dures réalités terrestres, la techno s’agiter, se battre, et s’établir ici ou là, aux quatre coins du globe. L’excitation grandissante, il nous fallait quitter notre perchoir, le temps d’un allez-retour au moins, et puis plonger, s’immerger, se mouiller.
Atterrissage contrôlé, accueil enjoué, prouesses récompensées… CLFT prend un nouvel envol et tentera donc de renouveler l’exploit. Car oui, sortir un disque techno en France contemporaine tient de la performance.
« Le plus grand danger pour l’aventurier est de perdre le contrôle de la manoeuvre et de se mettre à tourner sur lui-même, entraînant par la suite une perte de connaissance. », écrit Libération. Icare, trop avide de lumière, tout comme Howard, trop avare de profit, corroborent à eux seuls et par les preuves que constituent leurs désormais célèbres tristes sorts, cette hypothèse incontestable. L’un s’en brûlera les ailes, l’autre en deviendra fou, mais peu importe. Nous resterons passagers volontaires, du vol AF447 s’il le faut, si temps est qu’une pluie de cristaux de glace puisse encore nous refroidir, du vol AF-358, si temps est qu’un orage brumeux soit capable de nous aveugler.
Laissons donc Kaelan – une fois encore – guider nos pulsations, caresser notre respiration, et contrebalancer nos carillons.

 

Rédigé le 11 octobre 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Bologne, cité étrusque injustement célèbre pour avoir envoyé la sauce qu’elle n’a jamais assaisonné, n’a pourtant pas pour habitude de limiter la matière grise de sa population à une vulgaire préparation bovine pour touristes affamées. La ville concentre au mètre carré la plus grande proportion de cerveaux ausoniens qui puissent être diplômés, et pourtant, Mattia Trani, la vingtaine tout juste atteinte, s’est déjà détourné de sa carrière scolaire, s’adonnant avec courage et virtuosité au délicat parcours de l’école buissonnière.
Pushmaster Discs, dont il est à la fois le plus fidèle élève et l’éminent directeur, distribue et reçoit parmi les meilleurs notes de sa catégorie. Ilario Alicante, Thomas Hessler, Unbalance, Marco Zenker, et bien évidemment lui-même, y enseignent – en bons maîtres – l’ambience, la vibration, la résonance et la géométrie. Les copies se succèdent, et ce avec brillo. C’est la rentrée, et voici donc notre Erasmus. Conférence au sommet à travers ce podcast, qu’une fois de plus nous sommes ravis d’accueillir en ces lieux.

Rédigé le 3 octobre 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Fût-ce Daegon l’un des premiers noms à avoir su creuser l’appétit de nos intentions, il aura donc fallu attendre un an avant de retrouver ici les traces d’une quelconque collaboration. Oui mais voilà, la figure en question représentait alors le guide suprême et prophétique d’un courant électronique minimaliste et métallique dont aujourd’hui malheureusement, nous nous sentons lassés et éloignés.
Peut-être faut-il voir en la nature sidérurgique des sons du maître américain l’inéluctable impasse ceignant le secteur et ses disciples, qui désormais tournent en carré et se retrouvent contraints de se fondre dans le moule et l’acier, dépossédés de créativité, déshérités de leurs talents.
Daegon parachève donc avec honneur (et notamment par ce live aux atmosphères directement revenues d’outre-tombe) ce dont Minus, qui pourtant l’avait un jour créée, refuse maintenant d’en accepter la mort. Adieu, Minimal, Chad Kaska t’a tuer. Au plaisir cependant, de te voir un jour ressuscitée.

Rédigé le 26 septembre 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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L’un d’eux réside au 69 quai de la rapée, une adresse concrètement réputée pour l’accueil qu’elle réserve à certains des plus grands précepteurs en matière de musique moderne sur format désuet. L’autre partage les manettes d’un des projets français au futurisme post-apocalyptique anticipé les plus appétissants du moment, et se plait à lier l’euphorie à l’austérité, ou la délicatesse à la sauvagerie.
Les deux ont en commun d’être jeunes parisiens, fougueux mais expérimentés (en témoigne la qualité déconcertante de leur disque respectif chez Construct-Reform), et donc définitivement l’avant-garde d’une nouvelle génération qui rallumerait la flamme d’une scène techno française actuellement sclérosée.

Antonin et Luc inaugureront dans une quinzaine de jours la reprise de nos résidences à la Fée Verte à Lyon, et voici, d’ici là, une rapide mise ne oreille.

Rédigé le 16 septembre 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts, Images, News
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Dans le placenta et les ondes du souffle alentour.
Par le bassin vers la cadence.
Dans les bras muent comme par la mer.
Collectionner les vagues lointaines et les tumultes nouveaux.
Observer depuis la marine les plages tues et la laisse du monde.
Chercher dans les forets des chutes moins violentes que notre émergence dans l’atmosphère.
Passer sous la nappe les oreilles.
Ruisseler bruyamment.
Plonger soudainement.

Rédigé le 15 septembre 2012 par MARCALB · Classé dans CLFT Podcasts
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Nous cherchons dans les alias les contours de personnages sans chairs, dont nous élaborons librement ici la personnalité musicale. Ajouter des mots à la musique et en faire le commentaire nous semble parfois être contre son élan, mais si nous nous employons, ce n’est que pour la débarrasser de son malentendu. À notre proposition d’écoute nous ne voulons adjoindre d’autres pistes que celles menant à une audition personnelle, laissant affleurer de nouvelles relations sonores.
La musique par essence ubiquitaire, présence invisible aux propriétés divines, se défie du regard et ne doit être rattrapée par nos craintes liées à l’absence de corps. L’électronique et le temps numérique nous y engage, les identités s’y effacent, des avatars amorphes s’y substituent et le musicien cède aux enregistreurs sa performance. Il laisse maintenant à d’autres le loisir de la reprendre et d’en prolonger le geste. Dub léger et enivrant, progressant comme une marée sur nos sens relâchés, ce podcast à l’instigateur incertain, mutant, nous rappelle l’importance de n’accorder qu’à nos oreilles les bénéfices du doute. Départons-nous du visuel et de ses gages, résistons aux efforts du commerce et de la propriété qui forment les icônes pour ne livrer à l’instant que l’ivresse musicale.

Rédigé le 11 septembre 2012 par MARCALB · Classé dans CLFT Podcasts
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Vouloir déceler ce qui dans les mécaniques complexes, organiques, stellaires, produit le mouvement et l’effet est un vertige auquel beaucoup ont cédé. De l’ivresse de décrypter ce qui anime les canevas et diagrammes alambiqués, d’analyser chaque incidence et chaque conséquence, d’isoler chaque muscle et chaque dent, chaque rouerie et chaque puce, ne nait pourtant qu’une courte consolation. Les plans, tomographies, radiographies et autres schèmes sont autant de refuges de rationalité, où la logique se dispense jusqu’à son terme, court le temps d’une équation et se ferme triomphalement, récompensant les investigations les plus obstinées.
En dissection nous sommes maintenant spécialistes, chaque fois l’œil miniaturisé se fait plus précis, excave les engrenages les plus obscurs; toujours pourtant aux secrets découverts échappent les énergies et souffles adjacents, les motricités invisibles des commencements. Malgré les efforts du scientifique, nous restons des spectateurs angoissés perchés loin au dernier balcon d’un théâtre anatomique.
Ne cherchez donc pas dans les playlists qui quelquefois apparaissent, les raisons d’une émotion mais penchez-vous plus imprudemment sur l’élan qui vous entraîne. Et s’il vous faut épeler les choses, trouver à votre plaisir des motifs, remettez-vous en à l’habileté de Michael Stutz, Wandler musical au talent rôdé, et le généreux cheminement de son podcast.

Rédigé le 3 septembre 2012 par MARCALB · Classé dans CLFT Podcasts
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A l’ombre des persiennes couchés, bordés d’un sommeil léger, écorné à peine par le vol de mouches hagardes, nous formons nos premières relations sonores. De nos siestes de bambins nous restent une mémoire corporelle suspendue aux bourdonnements alentours. Le bruit qui s’insinue dans les chambres comme au loin dans nos corps, se lie à la respiration qui lascivement dilate nos abdomens, se dépose dans nos gorges et dans le sifflement de nos narines.
Nous devenons proies musicales, le son se décharge en volutes opaques sur nos pensées comme la fumée des encensoirs en une église. Au geste du musicien, le bourdonnement dub gonfle nos vaisseaux, étreint nos trachées: nous sommes entièrement tendus à ses mouvements.
Le nom simplement, suffit encore quelquefois à dire le métier: Nicola Campanella tient en ses mains les grelots qui dirigent notre attention et fixent notre perception. Les cloches qui dominent le temps sont aussi celle qui composent l’« ap-peal » anglais: l’irrésistible attraction est sonore. De l’Italie à l’Angleterre, nous restons carillons battus par le vent.

Nicola Campanella compose depuis la base du talon italien, au creux de la campagne barèse, des étendues musicales baladeuses, que la techno définit le mieux. Des Pouilles à Detroit les mains de ce pianiste classique glissent, empruntant aux nébuleux et intimistes Substance et Vainqueur, Deepchord ou Rod Modell autant qu’aux précurseurs Atkins et Derrick May. Difficilement contenue par ses multiples avatars (Kaelan, Phase I ou Rawmade…), l’expansion de son vaste domaine sonore rencontre les intérêts d’artistes hétéroclites réfléchissant la polyvalence de ses diverses productions. Progressant lentement autour de thèmes aussi aériens que brumeux, enivrant aussi par la précision de sa technique rythmique, ses pistes au relief sensible se parcourent selon la marche de chacun, allègre ou indolente.

Rédigé le 2 septembre 2012 par JNPLSRC · Classé dans Images, News
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Nombreux sont ceux qui commencent leurs articles par cette quasi-interjection des temps modernes, « Nombreux sont ceux… », et la rendent redondante. Nombreuses sont les fois où nous serions tenter de s’y laisser aller, et peut-être d’ailleurs, l’avons nous déjà fait. Qu’importe.
Nombreux sont ceux – artistes, promoteurs, passionnés et divers activistes d’une même scène – à se tirer publiquement dans les pates à la moindre disconvenance. Facebook et ses autres semblables pullulent d’indignations impatientes, irréfléchies et tant illégitimes. La désapprobation entre membres d’une même communauté musicale semble se construire une routine, dans des proportions toutes égales – et si ce n’est supérieure – à la croissance infinie des soutiens inconsistants.
On encense aussi facilement qu’on enfonce, on s’enflamme aussi vite qu’on s’éteint, et du podium au pilori, il n’y a plus qu’un prompt et livide tweet.
Au désir d’entraide Ria money order et de totalité subsiste souvent l’individu et son égocentrisme, d’autant plus dans ce contexte d’hyper-connectivité et d’ultra-réactivité, où l’absence de recul et d’indulgence règne en maître.
Freud, à une époque où internet n’existait pas, initiait dans son livre Le Malaise Dans La Culture la notion de « Narcissisme des petites différences ». Il paraîtrait que la mort progressive du papier ai oubliée de l’emmener avec elle au plus profond de son caveau. Bien au contraire, il reste courant de dire qu’on n’arrête pas le progrès.

Voilà maintenant plusieurs mois que ce set languissait dans l’oubli, quelque part dans les méandres d’un de nos ordinateurs. Nombreux sont ceux pour qui l’instantanéité est une exigence. Nombreux sont ceux qui n’auraient supportés l’attente. Nombreux sont ceux qui l’auraient offert à ce qu’ils supposent être nos concurrents, en guise de simili vengeance. Nombreux sont ceux qui nous auraient solennellement blâmé, et nombreux sont ceux qui sont personnellement visés ici.
Santiago Merino n’en fait donc pas parti. Qu’il obtienne notre bénédiction et puisse accepter nos excuses. Cet épisode n’a pas, au gré du temps, perdu son intérêt ou sombré dans l’obsolescence.
Un bon vin sait murir lorsqu’on l’abandonne à la cave. Il révèle les plus fines de ses saveurs lorsqu’on le sert à bonne température, dans un contenant approprié. Malheureusement l’actuel assoiffé n’attend pas. Il angoisse. La mode est au gazeux, mais celui-ci perd ses bulles quand il n’est plus frais.

 

Rédigé le 31 août 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Cet épisode plaira à ceux qui savent. Ceux qui savent ne sont pas forcément des savants, mais ils savent ce que c’est que de manger des pâtes, midi et soir, faute de n’avoir pu résister à l’appel du panier. Ceux qui savent ignorent aussi beaucoup, mais ils se douchent souvent à l’eau froide, chaque fois qu’ils transforment leur dernière fiche de paye en vinyl. Ceux qui savent ne se soucient guère de savoir ce qu’il ne savent pas, ils s’auto-suffisent et se complaisent dans leurs acquis. Ceux qui savent sont frustrés, qu’on ne les comprenne pas, mais ne cherchent pas l’approbation des inconscients. Ceux qui savent souffrent, quand ils ne peuvent faire réparer leur Rane, ou bien s’offrir une 909.
Julien Haguenauer vient justement de rater une annonce, et c’est sous l’emprise de son terrible désarroi qu’il a choisi de composer ce set. Le parisien représente à nos yeux l’image même de cet homme averti. Sagesse, passion et ingéniosité l’ont placé, depuis sa création et encore aujourd’hui, aux commandes du fantastique Dement3d, l’un des trop rares labels que la France daigne offrir à ceux qui veulent savoir.
Polar Inertia vient d’y sortir un très bon maxi, Dscrd, ses inaugurateurs, se promènent depuis peu chez Stroboscopic Artefacts, et Heartbeat quant à lui, jouera dimanche à la Concrete, laissant parler – et plus longuement qu’ici – le rythme intense de ses étranges pulsations cardiaques.

Rédigé le 23 août 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Le temps musical libéré de son enclave performative, s’est retrouvé jusqu’au plus creux de nos tympans. Le baladeur tenant, quand le moment et l’agrément disposent, se jouent des airs rendant le trajet épique, desserrant les minutes étouffées dans l’étreinte des répétitions entendues.
Calé dans le pas de déambulations aléatoires, le son s’étire à notre foulée comme une flopée de nuages impressionnistes. Retiré au courant et séparé du chœur, nous sommes vigies trottant aux rythmes de nos favoris.
Comme l’Hàvamàl, le podcast est une poussée allègre et paternelle sur nos reins. Chaque épisode un sens de la marche et une manière de la conduire, une ornière propre pour lire le monde.
Le musicien collectionne les vagues comme les récits dans les bouches, forme des sagas de la Baltique jusqu’à la lisière continentale, puis fait chanter les runes, qui chacune renferme le secret. Des acro-nymes musicaux, réunissant, communicant au dehors du langage un sens caché. Sa composition à nos oreilles, ce pod-cast comme une béquille soutenant notre démarche, aiguillant nos imaginaires, fait croître à son écoute autant de membres qu’il faut pour peser chaque aspérité de la terre, chaque bruissement et chaque éraflure; nous sommes Sleipnir dans un tramway.

Rédigé le 27 juin 2012 par MARCALB · Classé dans CLFT Podcasts
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L’engouement général suscité par la scène bass britannique de ces dernières années puisse-t-il nous avoir laissé stoïques voir perplexes, traverser la Manche, tout du moins via notre attention, se fait de nos jours un voyage salutaire.
Si la piètre redondance des whobbles du Dubstep n’eu d’impact que par les maux d’estomac et les vomissements qu’elle nous fît éprouver, l’égarement progressif de sa syncope distinctive vers des mélodies foncièrement technoïdes nous rapproche – bien qu’en nous en éloignant – de nos fidèles inclinaisons.
Idle Hands, Apologue, Frozen Border, Inner Surface, Horizontal Ground, Black Sun, Project Squared… Nombreuse – et exponentiellement croissante – est la liste de ces labels anglais aux couleurs royalement métissées. Outre les fameux maîtres en la matière du cross-over, Untold, Blawan, Pariah, Boddika, AnD, ou encore Dicicco, l’ici présent Furesshu (et non Furreshu!) s’érige – bien que plus discrètement – comme l’un de ses plus dignes ambassadeurs, au delà des frontières insulaires. « Downstate », « Lucid », « All I Want », ou son remix pour L-OW, sont autant de tubes qu’il vous faudra découvrir si ce n’est pas déjà fait.
Désormais Luke affronte seul, debout, le tortueux chemin de Jesuralem qui mène à l’ésoterisme. Malgré son asile germanique, le jeune anglo-saxon demeure loyal à Bristol, commune qui l’a vu émerger et qu’il s’attache à faire renaître.

Rédigé le 20 juin 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Rédigé le 20 juin 2012 par JNPLSRC · Classé dans Raveries, Vidéos
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Georg Büchner, feu dramaturge allemand, disait de l’homme qu’il est un abîme, tant il nous donne le vertige quand on se penche dessus. La tête nous tourne, il est vrai, et notre esprit s’enraye, chaque fois qu’il devient nécessaire de percer les mystères propres à ces inconnus, dont nous ne percevons au final, que quelques notes vaporeuses.
Aleks vit en Russie, et aurait pu s’appeler Neustojcivost’, mais la consonance britannique traverse mieux les frontières, et surtout quand elles sont fermées. Unbalance, en français, renferme la notion de déséquilibre, et pourtant dans ses compositions, l’instabilité ne semble pas évidente.
Certes, le soviétique en pince pour les glissades et autres contre-temps, se complait dans la saturation et la surabondance, et n’hésites pas à renchérir ce trop plein de déstructure d’un liant vocal exaltant.
Globalement : rien n’est en mesure. Mais paradoxalement, rien – ni personne – n’est cependant en mesure de lui faire perdre la tête, la confiance ou l’aplomb. Non, c’est certain, il n’est ni mentalement dérangé, ni un vulgaire croque-note inconscient.
Aveuglement perché au sommet de l’échelle harmonique, Unbalance n’a que faire de la peur du vide, mais nous donne le vertige…quand on se penche dessus. Bien loin, semble-t-il, d’avoir choisi son nom comme la parfaite illustration du sentiment qui l’habite, c’est l’émotion qu’il génère, que ces neuf lettres font parler.
Que ceux dont les penchants tendent plutôt vers l’immuable se rassurent, Aleks sait faire simple là ou d’autres se compliquent l’existence. Unbalance, c’est ainsi, aussi, que s’appelle son label, et le titre de chacun des maxis qu’il y sort.

Rédigé le 15 juin 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Rédigé le 5 juin 2012 par JNPLSRC · Classé dans Raveries, Vidéos
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S’il est un domaine où nos torves penchants sont récompensés, il se trouve au delà de la Manche. Complaisant toujours envers nos plus troubles attractions, l’archipel conserve à cet égard tout son ésotérisme. Au collet l’amertume, l’épouvantail sonore britannique déroule sa mélopée moribonde à travers les époques musicales. Rarement pourtant nous parvenons à raccorder à notre propos des artistes autre qu’anglais. Jon Hussey, dublinois, moitié de Tricaustic, vaut pour tout ceux que nous n’avons pas encore déniché. Nous redoutions que cette techno qui nous plait tant, battant fort des rythmiques implacables, insinuant sa langueur dans chacun de ses coups, conversant toujours aux corps étreints comme aux esprits épris, dans un égal souhait de donner à nos graves un espace, n’ait passé la mer. Nous sommes heureusement comblés: le râle du parlé irlandais, la cabale de sa langue, ses campagnes opaques et les clameurs de ses villes, ses soirées délurées, tout ce qui donnait à nos inquiétudes des espoirs à ronger, inspirent finalement à la technique aguerrie de Jon une composition solide, alternant galops désarçonnant et marches funèbres, pauses remplies de tensions, nous laissant apprécier la richesse de sa sélection musicale.

Rédigé le 31 mai 2012 par MARCALB · Classé dans CLFT Podcasts
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Rédigé le 28 mai 2012 par JNPLSRC · Classé dans Images, Raveries
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L’heure arrive, à laquelle il vous faudra récompenser ceux qui vous ont enfanté. Dans les semaines à venir, vous irez comme à l’accoutumé, vous fendre d’un bouquet de fleur pour maman, puis d’un cigare pour papa. Histoire de…
Souvenez-vous de cette époque insouciante, où dans le plus grand secret, vous complotiez avec l’aide de Martine, votre maîtresse au duvet irritant, ce magnifique acrostiche qui traine encore au sommet de la cheminé familiale.
« S‘attacher au combat contre un autre soi-même. Attaquer un parti qui prend pour défenseur. Le frère d’une femme et l’amant d’une sœur. Et rompant tous ces nœuds, s’armer pour la patrie. Contre un sang qu’on voudrait racheter de sa vie. Une telle vertu n’appartenait qu’à nous ; L‘éclat de son grand nom lui fait peu de jaloux. »
Bien loin des sarcasmes poétiques de Corneille dans Horace, votre plume anodine vous portez plutôt vers un simple :
« Matinale, quand le matin elle me prépare un bon chocolat. Affectueuse, quand un peu plus tard, elle me réveille d’un gros bisous. Merveilleuse, tout comme les histoires qu’elle me raconte tout les soirs. Accueillante pour mes copains, avec toujours un bon goûter. Naturelle quand elle m’embrasse, et tellement tellement belle… »
Bien loin de nous la prétentieuse idée de se concevoir comme des enfants d’Apollon, nous souhaitions plutôt revendiquer ici le lien quasi-paternel qui nous lie à Mekas, tant l’homme a su contribuer au bon développement de notre éducation électronicotechnomusicale.
Mercenaire, autant que minutieux. Mais tout sauf mercantile.
Ecouter ce live, c’est ne plus s’en passer. Ne jamais s’en lasser.
Kératophyre? Peut-être. Cocoliche, plutôt. Mais avec un grand K.
Abyssal, comme cette cave, où nous t’avons découvert.
Se ridiculiser d’avantage ne serait être raisonnable. Un simple merci aurait surement suffit.

Rédigé le 28 mai 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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De nos trois invités d’honneur du 17 mai prochain, Tracy nous paraissait se faire le plus discret. Bien moins expansif sur les réseaux sociaux que ses deux camarades, il devenait presque inquiétant de prévoir d’accueillir un aussi grand timide.
Nous voilà rassurés, et nos spéculations relancées. Ce set, maître en la matière qu’est l’extraversion, semble entraver nos premières illusions. Que penser d’un illustre inconnu capable d’une si puissante apocalypse musciale? Rien de special, en fait. Le futur proche (trés proche) nous le dira.

Rédigé le 12 mai 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Comme le chien claudiquant le long du fossé, CLFT a laissé traîner son museau pour remonter la piste de Sonntag Morgen jusqu’à sa niche douillette de Mantova. Depuis plus d’un an en effet, s’est mêlée à l’air doucereux traversant ses palais, une rumeur techno nous arrachant aux émanations monotones des grandes métropoles. MTD & Tracy, résidents comblés, y coordonnent un implacable Risorgimento musical, portant l’élan enthousiaste de producteurs essaimés en Europe. Entre techno industrielle, dub sensuel et groove unanime, le label se fait un memento des vers de son illustre co-citoyen Virgile: « Trahit sua quemque voluptas », entraînant nos penchants dans leur plus entière célébration. Preuve s’il en fallait qu’aux confins des centres rebattus, la musique prend une désinvolture vivifiante.

Rédigé le 9 mai 2012 par MARCALB · Classé dans Images, Raveries
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Supplantés hiérarchiquement par les producteurs, rares sont maintenant les djs à ne se satisfaire que du mix -au demeurant lucratif- face à la reconnaissance qu’inspire la composition ex-nihilo. C’est que le statut d’artiste dépend encore de conceptions culturelles au mieux kitsch sinon bourgeoise, établissant d’abord dans le choix de la matière travaillée, puis le medium employé, des échelles de valeurs: les rêves chers aux Surréalistes n’ont pas selon cet ordre le même degré d’intégrité artistique qu’un quotidien blasé et, manier le disque, à moins de se nommer Myron, n’empruntera jamais à la grâce d’un peintre . Eric Cloutier, représentant d’une espèce non plus répandue que le vampire donc, continue tout de même ses pérégrinations musicales et remet à l’honneur un savoir-faire déclinant bien qu’indispensable à la dilatation de notre perception de l’art.
Parce qu’elle indissociable du sampling, la musique électronique ne peut faire l’objet -sinon en déconsidérant toute sa production- des mêmes distinctions. Ce que l’enregistrement et l’échantillonnage permettent, c’est une écoute de l’étrangeté de nos quotidiens, un témoignage du fluxus anodin de la vie. Une infinités de sonorités captées viennent empiéter sur la réserve du solfège, l’électronique contre une technique acquises à des répétitions millénaires instille dans beaucoup d’esprit une concurrence déloyale autant qu’une dérive libertaire. Ce que le sampling fait pourtant, c’est découvrir de nouvelles qualités aux objets en s’attardant sur eux, pointant le crissement de la neige, les conversations opaques ou l’écho d’une salle, les enregistrements élaborés attirent notre attention et rendent leurs merveilles à nos oreilles. Plus encore, cette reproduction acoustique -comme photographique d’ailleurs- retire à l’acte de création son auréole mystique en énonçant les inspirations, incarnant les muses en courants électriques, défaisant ainsi toute la romantique artistique. Mieux vaut dès lors, dans une compétition contre les arts classiques, s’armer de dépréciatifs: copie glaciale ou plagiat éhonté, l’électronique est une atteinte à la figure de l’artiste autant qu’au mystère de la vie.
Piller c’est pourtant créer: Raiding (=dévaliser) the 20th century s’en fait l’histoire et la preuve: d’Alvin Lucier à Beyoncé, de Pierre Henry à Kylie Minogue, DJ Food (rejoint par Paul Morley) établit ‘ontogenèse du sampling jusqu’à son entrée dans la banalité, affirmant le succès et la pérennité du procédé. Ce qu’en creux disent ce set improbable et le sampling, c’est la mouvance des inspirations et des œuvres, leurs reprises et leurs filiations -parfois douloureuses-; l’artiste, est ainsi le véhicule d’un amas de courants qu’il modèle et non plus une exception sociale ou un génie transcendé. Le dj de la même manière, reformule à partir d’un amas de matière finie, un ensemble nouveau. Comme la captation sauvage faisant de la vie son coffre à bruitage, le dj sample de la bande sonore déjà gravée, fait de l’histoire de la production musicale sa matière à agencer, prenant en maxime Douglas Huebler: « The World is full of objects, more or less interesting. I do not wish to add any more. » Une réserve dense dont il faut se saisir et intégrer à sa mémoire comme une collection mentale toujours disponible. Cloutier comme tous les djs de métier, est un archiviste insatiable, un érudit spécialisé, maîtrisant dans la force des habitudes les possibles de sa discothèque.
Depuis ses nouveaux quartiers new-yorkais, il étaye sa compilation électronique. Oscillant entre tout les genres, celui qui est passé par la très sélective école de Detroit, construit des sets à hauteur de son apprentissage. Le djing selon sa technique vient comme un cut-up à la Burroughs, un collage révélant les relations des choses à d’autres, éclairant les parentés et faisant naître des lectures nouvelles dans leurs intrication. Ses mixs sont des conversations de pistes, des pèles-mêles arrangés selon des correspondances évidentes ou non, diverses logiques, esthétiques ou historiques, sensuelles ou formelles servant une unité d’intention. Au Bunker et sur tous ses passages Cloutier conçoit ses sets autour d’un projet musical prenant un titre distinctif. Sur plusieurs heures pour bien prendre la mesure des possibles de telles opérations et de la vasteté de son répertoire, Cloutier se ballade sur une charpente musicale qu’il reste à assembler, et, comme son patronyme semble l’indiquer, laisse faire son métier pour nous abriter le temps d’une soirée.

Rédigé le 4 mai 2012 par MARCALB · Classé dans CLFT Podcasts
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Rédigé le 1 mai 2012 par JNPLSRC · Classé dans Images, Raveries
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Ainsi décrivait Jeff Mills la première sortie du londonien sur son propre label : « Mission 09 examine les limites extérieures de l’imagination en extorquant votre attention à travers les sens du suspense. (…) Imaginez ceci : Vous êtes entouré. Ils sont trop nombreux pour que vous puissiez leur échapper. Sachant cela et réalisant votre sort, vous acceptez de vous résigner à cette situation et d’en subir les conséquences, même si votre destin n’a pas encore été scellé. Vous prenez une profonde respiration et vous vous lancez  dans leur direction. Vous les chargez comme si c’était au final eux la proie, et vous le chasseur…. Cela n’a pas de sens. »
Six ans se sont écoulés depuis ces classieux débuts et Ben Gibson reste pourtant à notre goût beaucoup trop méconnu. Ni ces mots doux, ni cette place d’honneur au sein d’Axis Records, ni même ce fantastique album sur Perc Trax, ou encore ce dernier et tubesque vinyle chez M_Rec Ltd, n’auront suffit à faire de lui la référence qu’il devrait être aux yeux de tous.
« 67 personnes aiment ça – 12 en parlent ». C’est quatre centre trente fois moins que d’autres qui n’en font surement pas quatre cent trente fois plus. En atteste ces piètres débats électoraux, les chiffres mentent et se fourvoient. Quand beaucoup fixent leur regard et autres attentions sur les seuls indices du plus grand nombre et de majorité, il semblerait une fois encore que la sincérité tienne dans les minorités.

Rédigé le 24 avril 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Rédigé le 21 avril 2012 par JNPLSRC · Classé dans Images, Raveries
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Des diverses scènes qui nous tiennent à coeur, bristol et les italiens retiennent notre attention à bien des égards. En témoigne l’élégance d’Apologue ou le savoir faire de Sonntag Morgen, ces deux terrains pourtant bien éloignés se rejoignent de par leurs prédispositions particulières pour l’innovation divinatrice. En dépit d’un sens de circulation inversé, de goûts culinaires opposés, et de beaucoup d’autres stéréotypes divergeants, il n’est pas si aisé de distinguer l’anglais du transalpin, quand il s’agit de comparer leur musicalité.
Richard, napolitain de naissance, a traversé la manche il y a maintenant dix ans. Aujourd’hui installé le long de la rivière Avon, l’italanglosaxon galvanise au sein même de sa création cette dynamique commune à ses deux nationalités.
Définir en d’autres termes que celui de dub techno la production artistique de Kereni ne saurait être logique, tant les ambiences collent à merveille à l’appellation. Charpentés de bas étouffés et nébuleux, de hauts abruptes et incisifs – au beau milieu desquels se retrouvent savamment coincées des mélodies épigrammatiques – les morceaux du métisse tournent en boucle, certes, mais par une giratoire prosélyte d’une formidable déstructure. L’intensité s’y retrouve subreptice, délicate, mais ne manque pas d’entrainer son auditoire vers d’infinis plaisirs anagogiques.
Kereni crée un pont céleste entre la traditionnelle agressivité british et la plus douce nouvelle vague ausonienne.
En voici les piliers.

Rédigé le 20 avril 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Débordés par les événements, accablés par le manque de temps et retardés par des imprévus, il nous devient parfois douloureux et acrobatique de parvenir encore à jongler sans les mots. En l’occurrence, le sujet même de cette conversation nous tombe dessus au moment où nous ne l’attendions plus. L’obligatoire imminence et les plus que proches échéances qui nous lient à Zadig, ne nous laissent d’autres choix que d’écrire avec hâte les quelques phrases qui suivront.
Une semaine nous sépare du 21 avril, au soir duquel nous accueillerons ici, à Lyon, le suscité personnage. Face à l’habituelle inquiétude nous saisissant au ventre à la veille de chacune de nos résidences, nous désirions vous partager au plus vite cet aperçu de standing.
Grand contributeur à l’émergence du terme – autant que du genre – deep techno, Sylvain, depuis presque une vingtaine d’années, en interprète avec intelligence et esthétique sa propre vision. Devenu producteur plus récemment, il propose dans ses compositions un parfait équilibre entre le numérique moderne et cet indémodable grain des sons analogiques. De son propre et tout nouveau label Construct Re-form, le parisien a su soutirer l’attention de Peter Van Hosen et autre grands technocrates. Le troisième volet de la série, oeuvre du jeune Voiski, sortira d’ailleurs ce mois-ci.
Rendez-vous donc à la Fée Verte, pour ceux qui vivent à Lyon et qui brûleraient d’en savoir d’avantage.

Rédigé le 12 avril 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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La démocratisation des moyens de création ne va pas sans une dispersion des talents, essaimés, couverts ou chassés par un flux inusable de productions aux faux-semblants artistiques, motivées surtout par une tendance naïve, faisant de l’art un domaine commun. L’apparente facilité de maîtrise des outils électroniques, tant dans la musique qu’ailleurs, et leur instantanée -néanmoins illusoire- probité, autorise aux divagations les plus vaniteuses, rendant l’acte créatif à sa plus grande frivolité. L’art ainsi déresponsabilisé, appartient à part égale à l’amateur aux mains baladeuses, à la science imprécise, comme au spécialiste le plus appliqué.
Il est donc rassurant de voir poindre à travers la masse indigeste que forme la production musicale actuelle, des artistes critiques de leurs entreprises, sachant prendre un temps de suspension, de recul, pour considérer leurs passions et les diriger plutôt que de les laisser se suffire à elles-mêmes.
A la lanterne de sa formation journalistique, Kwartz pondère ainsi son attraction musicale: son obsession pour la techno se trouve raisonnée par une exigence qualitative et une ambition musicale. Il lie ses productions à une responsabilité artistique, cherche à proposer une matière nouvelle plutôt que d’ajouter à une collection largement dispensable, une énième réitération du vide. Mario Campos n’entend prendre de place que dans la conviction que ses efforts contiennent et aboutissent à un sens inouï. S’il est rare de voir tant de mesure dans la démarche d’un artiste pourtant déterminé à réussir une carrière sur ce terrain, sa musique n’en est que plus appréciable. Et, bien que bifurquant de ses études universitaires vers la techno, ses productions conservent la charge de son cursus: le tumulte et la révolte sociale qui s’étendent dans les rues de Madrid les emplissent, densifiant le souffle poussiéreux et acre de ses parutions chez Ketra ou Shapeless. Averti de son époque et au fait du travail qu’incombe son obsession musicale, Kwartz dévoile un peu plus la pertinence de la techno dans la conjoncture.

Rédigé le 6 avril 2012 par MARCALB · Classé dans CLFT Podcasts
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À défaut de n’avoir soufflé les quarante bougies nécessaires au savoir-faire experimenté d’une patiente et progressive carrière de vingt ans, la nouvelle vague juvénile argentine semble s’être saisi de cette possible méthode conciliant fleur de l’âge et maturité musicale.
Comme leurs compatriotes Bruno Ledesma et Lucas Ezequiel – et d’ailleurs d’autres, ici à venir – Gonzalo et Braian ont adopté la solution séculaire mais tangible du produire-ensemble, à quatre mains.
Une construction, un assemblage, ou une composition, repose sur la solidité de sa structure.
Derrière l’image de la boîte à outil, Toollbox rappelle, inconsciemment ou pas, qu’un clou n’est rien sans son marteau, et vice versa. Sans l’action réciproque et simultanée de ces deux entités distinctes aux qualités singulières, aucun de ces frottements métalliques, aucun de ces bruits assourdissants, ni aucun de ces sombres bourdonnements, n’aurait ainsi raisonné ou percé.
Comme le veux l’antique proverbe qu’on attribue à Esope : l’union fait la force, corrobore les passions et juxtapose les compétences.
Nous ne saurions en débattre aussi délicatement qu’un La Fontaine dans « Le vieillard et ses enfants », tout autant que nous ne pourrions l’illustrer autrement qu’avec ce trente-septième épisode de notre podcast.

Rédigé le 2 avril 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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En scientifique appliqué, trouvant dans l’observation les thèmes de sa manie, Marcelus élabore des titres musicaux comme des émulsions curieusement abouties, retranscrivant par les notes les propriétés disparates, bulleuses, hypnotiques dans leurs réactions et l’enchevêtrement de leurs effets plastiques. L’opacité de « Mutation », dense brouillard berlinois, l’acide « Sulfuric » comme la ritournelle obsédante, portée par un groove confondant de « 24-7 » ou les gongs étouffés de « Friction » sont autant d’exercice sonores touchant à des sensibilités éparses, réunies par une orthodoxie acoustique et rythmique, ferment de toutes les expérimentations, autorisant les détours et travers les plus périlleux.
Embarqué sur la loge amphibie Deeply Rooted House, dont les racines profondes sont autant d’amarres élastiques, prêtant aux routes équivoques et prévenant de toute dérive, Cédric Bros produit, depuis deux ans -et la sortie du EP1-, une techno dense, chargée de l’expérience de son employeur, mêlant habilement les consonances, traversant les époques et genres. Si dans la « l » retirée à son alias le producteur semble vouloir se détourner tant d’un lignage impérial romain que d’une illustre parenté jazz américaine, il n’en demeure pas moins le produit et la main musicale, suturant délicatement ces deux pôles temporels et tout ce qui se trouve entre. Il démontre, en digne représentant, toute l’étendue de la proposition électronique: faire coïncider immédiatement des courants, joindre les tissus musicaux dans un temps neuf emplis de tous les aléas le précédant. Le grain de son son, sa teneur spéciale, ce sont les sinuosités d’inspirations diverses, de souffles légers venus à ses oreilles, ressassés, renouvelés dans sa créativité. Marcelus mêle le spectacle macabre, les cris hystériques et les ballets étourdis des bacchantes aux jams sessions enfiévrées du XXè siècle, rattrapant l’héritage de son nom qui n’est plus tout à fait un homonyme mais une version personnelle de ces lègues, rendant dans l’âge toutes les richesses qu’ils contiennent.

Rédigé le 23 mars 2012 par MARCALB · Classé dans CLFT Podcasts
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Ô combien il aurait été interessant de vous écrire un article conceptuel jusque dans l’exagération. Nous aurions sans doute tourné en rond, en long et en large, mais néanmoins scientifiquement, autour du mot et puis autour du pot. Seulement, nous n’avons pas (encore) la tête assez grosse pour oser disséquer aussi nonchalamment que subtilement la notion d’écorce cérébrale.
Plus modestement, il nous aurait été possible, le temps de ces quelques lignes du moins, de réinventer le synopsis du célèbre cartoon aux deux rats de laboratoire. Dans cette hypothèse, le stupide Minus aurait probablement pris – et inversement surtout – les apparences du légendaire label du même nom, ne laissant à notre hero – et à notre grand regret – pas d’autre choix que de s’approprier l’intelligence et l’adresse synonyme de son homonyme. Malheureusement, dire du mal de Richie, et qui plus est ouvertement, est beaucoup trop inacceptable pour un journaliste, et foncièrement mauvais pour les affaires. Faire tendre la fiction vers une réalité semblait être plaisant, mais ne nous voilons pas la face ; si Cortechs venait à répondre à la question « Dis,-moi, tu veux faire quoi cette nuit? », peut-être effectivement qu’il envisagerait de conquérir le monde, mais ce n’est surement pas ce satané Minus qui la lui poserait.
Rien de tout cela n’aura donc lieu. Néanmoins, ce trente-cinquième épisode de podcast est bien là. C’est un live, et non des moindres. C’est une heure de Cortechs. Ni celui que vous voyez s’animer sur vos écrans, ni le votre, ni celui de quiconque. Cliquez sur le triangle ci-dessous et vous écouterez.
La fin justifie les moyens. 

Rédigé le 16 mars 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Deux lignes esseulées ne sont pas fondamentalement parallèles.
Simon et Gwen ne parlent pas la même langue mais réussissent à se comprendre et se confondre dans l’universalité des passions qu’ils partagent. Peu importe l’inclinaison de leurs penchants, les divergences de leurs orientations, ou la géométrie de leurs comportements, ce projet en duo n’est autre que les coordonnées parfaites du point d’intersection qui les a amené à se rencontrer, quelque part entre Brooklyn et la Pannonie Supérieure.
La fusion est intense, la courbe et les textures sont gracieuses, et cet ensemble précieux reste gratuit. De leur première sortie sur Miniscule les deux amis suisses ont vu naître le désir de poursuivre leur chemin, de s’aventurer plus loin, mais toujours dans cette parfaite osmose, et non pas côte à côte.
Malgré nos abus d’éloquence, il n’est pas dans nos habitudes de se laisser envouter, emballer et abattre par ces chants hédonistes, ces voix suaves et autres jouissements femellisés, qui, trop souvent, viennent salir les douces mélodies de ce genre qu’on appelle House.
Le set dont Isolated Lines nous a fait part ici en est rempli et pourtant, il serait pour le coup foutrement malhonnête de ne pas s’avouer vaincus, séduits, et même conquis. Après tout, jeudi dernier, c’était la journée de la femme.

Rédigé le 11 mars 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Le funambule Philippe Petit trace pour les spectateurs aux nuques renversées une voie invisible, découvrant un monde. Le musicien Philippe Petit divulgue à son auditoire un monde invisible s’ouvrant par le son. Tendre un fil entre deux points, c’est encore réconcilier le jadis avec notre chambre sourde.
L’équilibriste arque ses genoux, pesant chaque vent et chaque torsion pour avancer sur son câble d’acier. Le compositeur, autrefois piquant des cordes en nickel, tord maintenant des courbes acoustiques pour en extraire sa musique. Le long d’un précaire amarre l’un décrit une voltige, tourne. L’autre rassemble des ondes qu’il transforme et contorsionne ensuite dans un temps musical. La linéarité, la trajectoire s’abattent dans leur ostensible complexification. Le schéma symbolique de la ligne droite, sensé restituer notre passage, se défait en incluant des figures variables, retranscrivant ainsi les effusions erratiques, les sinuosités, les révolutions et les régressions impénétrables de nos vies.
Le fil musical, devenu fil d’Ariane, soutient depuis bientôt vingt ans les pas de Philippe Petit, s’étirant souplement au gré de ses nombreuses bifurcations. Knotweed Records, produit de sa riche expérience, arrive à point nommé, dans le moment convenant, passant d’un secret longuement maturé à sa formulation la plus juste. Gonzalo MD, déjà apparu sur nos pages(CLFT0015), a signé récemment la 4è sortie du label à la techno pointilleuse, sombre et mélodieuse ; le 9 Juin prochain, son patron viendra pour tous nos plaisirs, nous en distiller sa version.

Rédigé le 9 mars 2012 par MARCALB · Classé dans CLFT Podcasts
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Sur les pas de son classieux référent local Jeremy P. Caulfield, Brandon prévoit de fuir au plus vite le Toronto qui l’a vu naître pour la très convoitée capitale germanique. Quand l’industrie délocalise, l’électronique tend vers sa centralisation, son uniformisation, et au final, vers la compression de ses paysages, la restriction de son langage.
Dommage, probablement. Mais peu importe, là n’est pas la question.
Le jeune canadien, pour l’heure, se concentre sur les diplômes qu’ils lui restent à passer. Étudiant en graphisme, il compose des morceaux de la même manière qu’il conçoit des images, estimant que ces deux éléments se rejoignent, se complètent, et parfois ne font qu’un. En tant qu’admirateur des travaux de Tschichold et de sa perception réductionniste du design, il n’est donc pas surprenant de le voir s’attacher à produire une musique aux aquarelles minimalistes. Il n’y a rien de renversant non plus dans la traduction de son pseudonyme : décharné, émacié, creux, morne, triste… Tout est cohérent, Gaunt ne cherche pas minuit quand il est dix-huit heure.
L’étonnement, en fait, ne réside qu’en sa création. Paradoxalement, ce n’est pas l’originalité des ses quelques pistes qui leur confère un sens et une certaine consistance, mais plutôt la puissance et l’habilité avec laquelle il y dépeint des sensations indicibles, des émotions ineffables.
Gaunt allie l’esthétique à l’efficacité, la force de la technique au despotisme de l’imagination, et voilà qui suffit.

Rédigé le 7 mars 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Roy Muzak joue avec son nom comme dans ses compositions. En arrangeant un anagramme de son prénom il nous éclaire sur le travail du musicien, relevant le monde et ses bruits, les reformulant pour faire poindre notre attention accoustique, toujours trop émiettée sans lui. En incluant dans son prénom renversé un o barré, lettre inconnu de nos alphabets latins mais signifiant à part entière au Nord, le jeune hambourgeois nous invite sur son île, havre ligaturé, traversé de musique et bordé par les deux consonnes qui forment son identité.
La parenté nordique, d’abord linguistique, s’étend jusqu’à la musique de Yør: bien que partagés par une mer, Hambourg, le Danemark et la Scandinavie forment une communauté sonore unie par son travail du détail. Brandt Brauer Frick, Aniara, Geography ou encore Samuli Kemppi sont autant d’exemples liés par une création pointue, puisant dans le solfège classique comme dans les dernières technologies une matière musicale ainsi renouvelée, minutieusement étudiée et ressassée sous des formes à la fois mélodieuses et tenaces, s’encrant souplement dans le rythme et des sonorités fines et inouïes.

«Rave» était annonciateur du style de Roy: une extasie musicale profonde et allègre de tech-house raffinée; il se livre pour ce podcast à un exercice allongé sur une durée de voyage, avec la lenteur et la précision d’un sagnamaor, comme un précis d’écoute bucoliquo-industrielle. Coutumier du récent label Purple Maze, il signera pour ses amateurs le 19 Mars «Modern Slaves of Contemporary Contexts», qui malgré la sombre perspective de son titre, ne dérogera pas au touché délicat et rêveur de son auteur.

Rédigé le 28 février 2012 par MARCALB · Classé dans CLFT Podcasts
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Rédigé le 28 février 2012 par JNPLSRC · Classé dans Raveries, Vidéos
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Pas d’introduction, ni de conclusion. Juste de la substance.
Zone, association de malfaiteurs née de l’initiative de notre idole d’adolescence Michel et de sa bande de potes, fait valoir ce slogan comme l’unique ordre de conduite de sa direction artistique. Entre deux soirées à la programmation alléchante, les zonards des étoiles – comme ils se font appeler – rassemblent des compositeurs n’ayant pour dénominateur commun que leurs racines obscures et retrofuturistes, puisées dans les décombres d’un vieux Bertrand Blier, les mélodies sanglantes d’un des multiples groupes de Gerald Donald, et l’humour noir d’un sauvage feuilleton punk.
C’est dans ce paysage tout aussi austère qu’engageant, que nous avons donc découvert Volkov.
Citoyen de Saint-Petersburg, ville où paradoxalement, le soleil oublie parfois de se coucher mais l’été manque souvent d’arriver, Alexey tire le meilleur de ce contexte géographique frigorifique au profit de sa création. Véritable inconditionnel des premiers D.A.F., Neubauten et autres vénérés génies de la cold wave allemande, l’artiste russe réchauffe ses influences glaciales de sa passion pour l’eden detroitien.

Après un premier opus remarquable du côté de la sus-citée entreprise, Volkov avait rejoint Dave Clarke, Terence Fixmer et Crash Course In Science chez Planete Rouge Recordings, mystérieux label sur lequel sortira son Overshadow dans les prochaines semaines.
À l’image de la variété de ses goûts, ses sets constituent un mélange hybride entre secousses modernes et douces réminiscences 80′s. Celui-ci commence par un morceau à lui qui n’a même pas encore de nom et fini sur un Let’s Panic Later de Wire, le tout sans que rien ne paraisse anormal.

Rédigé le 27 février 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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« How did you come to techno music? ».
Vous présenter ce personnage sans donner la réplique à cette banale question ne saurait être honnête. Une fois n’est pas coutume, le plaideur s’interroge, concède, au lieu de quémander.
Denot, cérémonie créée et animée par Lucas et les Pablo qui l’entourent, n’a certes pas la renommée des plus évidentes résidences argentines, mais suffît à l’époque à se faire l’étincelle orageuse d’un coup de foudre que nous n’avions pas prévu.
Plus qu’un concept, un lieu, une tête d’affiche, c’est un esprit, un dogme, une idéologie, qui donnent à cette soirée tout ses attraits. Denot, bien que cloisonnée par les murs, construit son originalité au dessus des clichés, à travers les genres, et par delà les frontières. Véritable coefficient multiplicateur de l’ici même CLFT, force est de reconnaître qu’y assister n’a pas manqué d’approfondir nos désirs jusqu’alors inconscients, de nous laisser se soumettre à la tentation, et d’inspirer fatalement notre ligne de conduite.
À l’image de ses semblables locaux Mekas, Pfirter, Jonas Kopp, Monkey B et Seph – avec qui ils partagent d’ailleurs régulièrement les plateaux – Palazzo détient cet inné talent pour le mélange ingénieux. Le porteño n’hésite pas à puiser en Europe dans les trésors qu’elle ignore, pour donner à ses sets une puissance fortunée, absorbante, et délicatement enchainée.
S’il vous arrive parfois de voler vers l’autre continent, retenez bien cette adresse : 9 de julio 156, Ramos Mejía, Buenos Aires

Rédigé le 21 février 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Fondateur, aux côtés de son amie Tanja Rückwardt (Ira & I), de notre cher et tendre Cirque du Minimaliste l’année passée, Felix Saar n’a pourtant rien d’un clown ou autre dindon de la farce.
Tour à tour acrobate, magicien, mais surtout écuyer, le jeune hambourgeois s’inscrit toutefois bien loin des chapiteaux guignolesques et fanfaronnants de nos sociétés du spectacle.
Dans la digne continuité de ses proches acolytes et concitoyens Martin Gruen, Kamika (CLFT0014), Jonas Wahrlich (CLFT0023), et Brojanowski, Felix Lorusso adhère avec panache à l’honorable mouvance des fervents défenseurs d’une atmosphère musicale à la fois érudite, fuligineuse et cabalistique.
Alors que vient à peine de sortir Echo Heads Movement, son deuxième long format, un an seulement après sa première inscription au catalogue du genre qu’il affectionne si intimement, le set dont il nous gratifie ici n’est pas nécessairement celui auquel nous pouvions nous attendre.
À l’inverse de l’épuisée doctrine de l’architecte pionnier Van Der Rohe, Felix y laisse entendre, avec bravoure, les traces d’une réinterpretation inaccoutumée de la question minimaliste.
Quand certains glorifient le plus comme source inévitable du moins, Herr Lorusso se plait à démontrer qu’un spectre débordant peut aussi – adroitement – faire le vide du superflu, favoriser la profondeur du bruit subtil, et prôner la finesse du ressenti.
« Des lignes de basses époustouflantes », certes, mais pourtant…

Rédigé le 14 février 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Si Philip Glass n’avait pas composé la bande-son du film Koyaanisqatsi, seule Dugong l’aurait remplacé, tant sa musique s’impose comme le chaînon manquant entre les textures complexes de l’opéra de Glass et le trip mystico-géographique des images de Reggio. Sophia naît aux Philippines il y a un peu plus de vingt ans, d’une mère philippine et d’un père suisse allemand, avant de s’envoler pour le Bahreïn où elle fréquente les multiples communautés de cette petite île du Golfe Persique. Finalement installée à Montréal, elle crée Dugong, un avatar musical pour réaliser son credo : «traduire ma vision dans le langage universel des émotions».
Comme ses multiples voyages, appartenances, expériences ethniques et les nombreuses dimensions qui l’animent, la musique de Dugong est difficile à classifier. Des divers paysages qu’elle a admirés ou imaginés, Sophia invente des genres qui n’existent que pour elle, dans lesquels elle range ses morceaux : des volcans philippins aux usines montréalaises, en passant par les chants des tribus aborigènes. Un catalogue sensoriel à l’image du monde, calme, chaotique, parfois laid, mais souvent magnifique.
Du merveilleux sentiment d’être connecté aux choses que l’on aime à sa profonde tristesse face à la destruction du monde naturel (le dugong est un mammifère marin du Pacifique, lourd et majestueux, menacé par le tourisme et la chasse), ses émotions sont donc le principal viatique de sa création. Pour elle, Dugong est le moyen idéal de raconter des histoires et de bâtir un univers de coexistence joyeuse et multiculturelle entre humains, plantes et animaux, ou «construire une armée en forme d’hymne à la protestation». Sophia aime à penser sa musique comme «un orchestre de catastrophes naturelles». Le son complexe et imprévisible du choc entre Terre, nature et civilisations.

Rédigé le 12 février 2012 par JNPLSRC · Classé dans Chroniques
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Rome est une ville appréciable à bien des égards. Comme chacun sait, trésor archéologique inépuisable, cité concentrant tous les charmes d’une nation dont le raffinement gagne sous le soleil méridional, une insouciance hédoniste.
Des poncifs inusables liés à la capitale italienne ne filtrent que maigrement les énergies véritables qui l’animent aujourd’hui. On la pratique hélas comme on se la représente, préférant encore flâner le long d’itinéraires millénaires, tachant de capter au mieux les clichés romantiques annoncées, cherchant du regard les étales et leurs commerçants las, humant bruyamment l’atmosphère paisible qu’il y doit régner, se penchant enfin sur les vitrines reconstituant un monde passé dont l’attraction semble infinie. Par paresse, notre vision achoppe sur ces images et peinent encore à les dépasser. La clameur d’une jeunesse dont on a pourtant vu récemment la vigueur, reste emmiellée dans l’immuable portrait qu’on prête à sa capitale et rien d’elle ne se fait entendre au-delà du Colysée. Des fouilles peuvent pourtant être entreprises sur le terrain musical aussi  et se révéler tout autant fructueuses. A.Zanchetta  apparaît donc en contre-exemple de l’idylle romaine, bafouant aussi l’entendement général qui voudrait n’établir que dans les métropoles modernes et industrielles le départ de la techno; sur la pierre et les ruines également elle a pourtant prit. Avec son ami F.Visconti, il a crée le label Consumer Recreation Services et lève, à force de talent et constance, le scepticisme trop courant que provoque l’association Rome et techno. Rattaché à l’incontournable Sonntag Morgen, Conrad Van Orton alimente ce dont on vous a déjà ici parlé, à savoir la qualité et la vitalité des artistes sillonnant la péninsule. Comme E.Scola avant lui, il dévoile ici une autre face de sa ville, plus conforme à sa réalité, échappant aux fadaises habituelles . Et puisque le froid nous retranche dans nos appartements, vous aurez tout le loisir d’apprécier son métier en longueur.

Rédigé le 6 février 2012 par MARCALB · Classé dans CLFT Podcasts
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L’épitaphe de Sandwell District n’aura finalement éploré personne. Avec le soin d’un thanatopracteur et la prudence d’un chaman ouïgour, Regis, Female, Function & Silent Servant se sont défaits de leur label crée six ans plus tôt, le laissant à l’orée de la nouvelle année et aux choses révolues. 
Avec délicatesse et décision donc, la fin de SD se fait douce et naturelle; c’est le moins que l’on en attendait. Dans le sillage de Downwards et sur la bien plus ancienne et irrédente attirance des hommes pour le macabre -celle dont on se départ aujourd’hui avec autant d’énergie que d’absurdité- à travers la danse et les rythmes décharnés, le label a brodé son esthétique mêlant étrange et sinistre fascinant. Loin d’être une obsession inepte pour la mort et son tabou, il s’agit ici de disséquer son aimantation et d’exhorter sa complexe ramification. Les diverses déclinaisons techno des suscités artistes: industrielle, hybride(CH-Signal Laboratories), empruntant à Détroit(Function) comme à la pop mélancolique avoisinante, ou les productions expérimentales de Rrose & Bob Ostertag servent une œuvre focalisée sur nos penchants opaques. Le corps fluent et tentaculaire que forment BMB, BEB et DW compile et crée, achève un recensement exhaustif, audible et visible, piochant dans les décennies passées et les genres adjacents pour dévoiler la profondeur de son entreprise, épanchant au passage nos sombres aspirations.
 
Leurs titres précisent d’emblée leur pensée, pointent la destination: ils localisent puis circonscrivent le grave et la curiosité morbide à un exercice créatif, à un espace et une durée, dans le clos du cimetière ou le temps de la cérémonie. Mais comme la voix des défunts porte souvent bien au-delà du marbre, il ne serait pas surprenant de voir Sandwell District réinvestit dans l’avenir.

Rédigé le 6 février 2012 par MARCALB · Classé dans Chroniques
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Ce n’est certes pas ici, limité par le nombre de caractères que nous impose tant notre mise en page que notre désir de concision, que pourrait avoir lieu ce vaste débat soulevé par l’amorce de SOPA et la suppression des plateformes de partages.
Quand la plupart de l’auditoire crie à l’injustice, au vol et à l’autodafé, d’autres se réjouissent de voir enfin la communauté artistique remettre la main sur ses oeuvres égarées et brandir en l’air la notion de copyright. Aldo Uden, lui, n’a de son côté guère à se soucier de cette controverse redondante.
Soluxion, netlabel sous licence CC-BY-NC-SA existait avant même que ne ressurgissent ces questions. À l’instar de ses rares faux-semblables, au sein desquels la gratuité vient fréquemment, hélas, ôter au projet sa valeur esthétique, convertir la rapidité en précipitation, et faire rimer diversité avec incohérence, l’écurie italienne distile avec finesse une musique désintéressée mais jamais fastidieuse. Si éventuellement nous lui reprocherions de s’être parfois trop abandonné aux remix en ne laissant que peu de place aux originaux, nous ne pourrions nier avoir savouré, depuis son commencement, la perspicacité de ce capital bénévole.
À l’origine de ce projet pour lequel il milite encore sans relâche, le bolognais Uden tenait à s’exprimer en ce lieu et c’est avec plaisir que nous l’y accueillons, fiers de lier publiquement la concordance de nos manoeuvres, dynamiques, et diverses espérances.

Rédigé le 31 janvier 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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En cette période d’inventaires, nécessaire il devenait de vidanger le site de ses éventuels manquements.
À notre grand regret nous avons découvert que notre allié farceur cyber-canard n’avait guère su remercier à leur juste valeur les travaux de Trebor (CLFT0007), ignorant fâcheusement les deux tiers du sujet. Bien évidemment nous avions -sottement- égaré le fichier, et son propriétaire également.
À l’avenir, c’est promis, nous tâcherons de mieux tenir nos archives, de défier la technologie, et surtout, s’en méfier.
Séance de rattrapage donc, et l’occasion pour nous de constater qu’une fois encore, là où la plupart des artistes français rechignent, refusent, ou promettent mais ne font rien, 24 heures suffirent à Damien pour résoudre cette malheureuse histoire.
Depuis Octobre dernier, le bucco-rodhanien a parcouru du chemin, ne laissant derrière lui que ces nombreux et remarquables accomplissements, multiples traces d’une maturité graduelle, aspirant de plus belle au dépouillement progressif d’une techno bien lustrée où ne subsiste que le stricte essentiel.
Dark Outside sur Trapez, Bnv13 sur Mechno, Life Is Changing chez Silent Steps, 13130 sur The Zone…La liste est longue et continuera de croître.
Rendez-vous pour la belle.

Rédigé le 22 janvier 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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On ne sait d’où Joe Farr tire son pseudonyme et peut-être n’y a t-il qu’une syllabe commune à Jobody et Job, mais les vicissitudes du poète biblique comme la musique du britannique suggèrent à nos pensées ardentes une parenté plus étendue.
Il faut sans doute s’être laissé traverser, viscérer par de nombreux et tortueux aléas musicaux, les avoir laissé s’imprimer profondément en soi pour restituer un set aussi varié, condensant sur un rythme effréné les ébullitions décennales de la techno et d’autres consonances dures sans jamais fauter. Le prophète à la vie erratique, glorieuse puis miséreuse, inventait une pêche mystique du Léviathan, serpent de mer apocalyptique, Joe Farr nous le ferait avaler sans que notre trachée y trouve à redire. Mais Jobody sait aussi rendre grâce, à sa manière, en créateur, puisqu’il ajoute le Dimanche Matin, à l’heure de la messe, son Verbe au Monde.
Le dogme en moins mais la passion de raconter toujours, Apologue Recordings diffuse son message en esquivant les pesanteurs de la morale, déguisant sous des sonorités qui tiendraient plus de Grimm que de Molière, son sentiment des choses. J.Farr, D.Schneider, P.Bolton & J.Curnock, bien lotis dans l’ombragée Bristol, tissent discrètement le fil d’une techno sombre et syncopée, renforçant nos vues escathologiques; qu’importe, nous sommes en 2012.

« This is the left channel… »

Rédigé le 12 janvier 2012 par MARCALB · Classé dans CLFT Podcasts
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Nombreux sont ceux, parmi nos précédents invités, à nous avoir cité le nom de Jonas quand il s’agissait d’aborder la cruciale question des influences. Pourtant, l’homme, en façade, est un producteur discret, dont le repertoire demeure assez concis et dépourvu de réelles frasques starificatrices. Étonnant donc, ou du moins au premier abord, de le voir si souvent tirer la plus belle référence.
Cependant, l’attrait pour l’hambourgeois dépasse en fait le contour de sa simple créativité. Bien au delà de ses singulières productions, c’est sans doute plutôt ses attributs bâtisseurs, son caractère visionnaire, et son entrain pour le bon goût, qui séduisent tant ses convives.
Anciennement batteur dans diverses et variées formations punks et hardcores, Jonas décidera finalement (et fort heureusement) d’en finir avec le bruit étourdissant des guitares, pour ne laisser place qu’à la finesse de cette musique qu’on dit minimaliste.
Préalablement organisateur des réputés mythiques et toujours d’actualité soirées Plux, il fondera en 2006 le désormais légendaire Eminor, véritable structure investigatrice, élément déclencheur et indéniablement responsable du renouvellement d’un mouvement jusqu’alors sclérosé.
Le label et ses multiples filiales (Der Hut, Der traegerlose Hut, Eminor Binary..) font aujourd’hui figure d’authentique modèle pour beaucoup de jeunes producteurs, qui se plairaient à en faire parti, à lire leur pseudonyme sur ses jaquettes. Mais, pour l’heure, c’est lui-même qui en signait la dernière sortie, Girlande, trois titres avec lesquels nous n’avons pas manqué de nous ambiancer au pied du sapin.

Rédigé le 9 janvier 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Il aura fallu dépasser la vingtaine pour que nous dénions bien poser notre attention sur Berlin. Non pas que nous la méprisions, nous souhaitions d’abord démontrer qu’elle n’est pas, du moins autant qu’on le prétend, l’indémodable centre de gravité de la musique de notre temps.
Découverte surprenante, révélation consternante, Thomas Hessler est surement l’un des artistes qui nous aura le plus marqué l’année passée et risque encore de bien trop nous faire vibrer ces prochains mois.
Pour ceux qui aurait raté le commencement de cette merveilleuse aventure, il n’est pas trop tard pour la rattraper : Me & My Melody, Past Dreams, The Break ou ses plus récents Lost et Berlin Mouvement devraient suffire, mieux que notre verbe, à vous expliquer le pourquoi du comment.
Du reste, les mots de son amie et agent Livia Terri le décrivent de la plus belle manière : « Every so often an artist comes along that perfectly encapsulates the sound of the times. Thomas Hessler’s productions are a fresh, personalized take on deep, pulsating techno & stripped down grooves that mirror the world & these times. In an ever-changing planet, that’s often brutally dystopian,…his sound is true and hard-hitting in style. Born in East Germany, Thomas weaves together early influences and creates unique productions that are balanced components of depth, mood, space & atmosphere. »
La jouissif sélection de ce set n’a d’égal que la technique et la virtuosité dans laquelle elle se mélange.
Bonne année.

Rédigé le 5 janvier 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Rédigé le 2 janvier 2012 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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La meilleure technique disponible (MTD) est celle qui satisfait le mieux aux critères de développement durable. Utilisée depuis 1960 comme substitut des opiacés chez les consommateurs d’héroïne, la « Modern Tool and Die » Company s’impose aujourd’hui comme l’un des plus grands constructeurs d’équipements motorisés pour l’aménagement et l’entretien des espaces verts. En Europe, elle se définie en priorité par rapport à la performance environnementale (gaz à effet de serre, substances acides, émissions dans l’air, rejets) et offre un grand choix d’appareils de jardinage de haute performance.
Dans l’idéal, tout MTD qui se respecte se doit de répondre aux critères des trois piliers du développement durable : économique, social, et environnemental. Pourtant, de nombreux tests immunologiques permettent le dépistage rapide (30 secondes) de la substance dans l’urine jusqu’à plusieurs jours (8 à 10) après la dernière administration.
De la tondeuse électrique aux tracteurs compacts, MTD, en tant que créateur du jeune label italien Sonntag Morgen, propose tous les produits de jardinage les plus courants et sortira demain Lost Function sur le légendaire Labrynth.
En Anglais, épelez Made To Destruct ou encore Musically Transmitted Disease, mais ne vous y méprenez pas, tout ça n’a rien à voir avec la DMT.

Rédigé le 28 décembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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La froideur présumée de la techno et ses corollaires, inaptes à émouvoir et tout juste bornés à un défouloir dégénérescent, reste aujourd’hui encore un a priori obstiné, n’admettant qu’aux seuls genres classiques la qualité de musique pure et spirituelle. Qu’importe le nombre de rééditions, Western union point l’absence de renouvellement, la noblesse du travail de composition est confisquée par une légitimité close ne reposant plus que sur son grand âge.
Field Records ne demande pas tant d’égard et démontre pourtant, une fois de plus, l’inventivité d’une scène qui explore et s’affranchit à mesure qu’elle crée, tirant humblement partie de la modique place qui lui est allouée. Malgré la vasteté de ses plaines hollandaises, le label s’autorise à étendre son domaine de chasse sonore pour décliner une gamme techno variée, expérimentale, mêlant ambiant oniriques et rythmiques engageantes, construites précieusement, orchestrées sensiblement, démontrant l’obsolescence des préjugés en matière de création électronique. Jeroen Search (CLFT0018) et Mark du Mosch, pour ne citer qu’eux, s’amusent autour du sérieux et, avec leurs acolytes tout aussi talentueux, empruntent une voie où la rêverie et la romance se mêlent à l’injonction corporelle et grave propre à la techno. Six sorties -déjà une collection électroromantique-, attestent s’il le fallait de la vitalité d’artistes bataves aventureux, audacieux et habités par une philosophie musicale ouverte, trouvant en Field un organe à leur mesure: un aiguilleur habile et généreux de leurs talents et aspirations.

Rédigé le 28 décembre 2011 par MARCALB · Classé dans Chroniques
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À l’heure où chacun subit probablement l’immense frustration de n’avoir reçu au pied du sapin la doudoune Monclair qu’il avait commandée, nous tenions inévitablement à vous gratifier d’un moment de profonde nostalgie estivale. Après tout, la Pyrenex est moins classe mais pas mal non plus, et puis au fond, n’en déplaise à la neige, le soleil brille et vous auriez mieux fait de réclamer des Ray Ban.
Sorti en Août dernier sur la compilation Frische Früchte de nos amis fruitiers berlinois, Calliate appartient à cette catégorie de morceaux excessivement bien finis, qui, si toutefois la chance leur offrait son plus grand sourir, pourraient se permettre d’endosser le glorieux et tant convoité rôle de tube de l’été. L’hiver est déjà là et l’oeuvre du duo chypriote n’aura visiblement pas su atteindre la renommée escomptée, en attestent les piètres scores atteints par le titre sur l’échelle de la visibilité.
Bien loins des démarches psychiques, novatrices et excentriques dans lesquelles nous nous complaisons habituellement, c’est un rationalisme surprenant qui donne à la musique de Julien et Kemi la consistance et la connivence qu’ils finiront – nul doute – par faire entendre d’ici peu.
Égaré du traineau/tombé du ciel entre nos mains, ce set intitulé End of Twenty Twelve semblait être prévu pour votre prochain Noël. Avec leur humble accord, un an d’avance, et une certaine satisfaction, nous le renommerons CLFT0019 et vous souhaitons de joyeuses fêtes.

Rédigé le 25 décembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Jusqu’à présent nous vous proposions ici de découvrir les acteurs de ce que nous spéculons être les nouvelles scènes émergentes, vecteurs d’innovation, de changement et d’inventivité. Jeroen Schrijvershof n’est pas, du haut de ses presque 40 ans, né du dernier flocon de neige (ni même débarqué soudainement, porté par le vent de la tempête Joachim).
Déjà actif au début des 90′s aux côtés de Dj Misjah et sous le pseudonyme de Groovehead, le néerlandais soufflera d’ici peu la vingtième bougie d’une carrière sacrément bien achalandée, sans pour autant s’assoir sur sa maturité.
Pourquoi dans ce cas, accueillir en ces lieux un véritable grand-père au répertoire si copieusement garni? Tout simplement parce que l’homme en question, tel le mythique phoenix, n’a cessé de renaître de ses cendres, en témoigne sa récente collaboration avec Markus Suckut sur Figure SPC, ou encore ses dernières sorties en solo du côté de chez Field, Coincidence et Injected Poison.
D’autre part, il semblerait ingrat d’omettre l’existence de son nouveau projet, Counterpart, résultat d’une immaculée fusion le mêlant à Dimi Angelis, d’autant plus que sans tarder ils lanceront ensemble A&S, aboutissement d’une vie ne dédiant corps et âme qu’à cette musique qu’on appelle communément techno.
Le label, dont la crémaillère s’annonce en février, devrait sans aucun doute ravir les amoureux du microsillon, puisqu’aucune version digitale ne sera disponible.

Rédigé le 21 décembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Faitiche est un concept du XXe siècle, contraction de « fée »-tiche et « fait »-iche, soit la croisée d’une obsession pour le surnaturel et l’inexpliqué d’une part et la passion angoissée du factuel d’autre part. Là où la théorie pourrait ne rester qu’ergotage philosophique, un label se charge de l’animer en lui apprêtant une forme musicale, la sauvant du tricotage intellectuel.
L’étrange création de Jan Jelinek, si elle emprunte un néologisme tortueux pour s’exprimer, ne se veut pas cérébrale pour un sou. Au contraire, elle entend s’appliquer à chacun avec l’efficacité d’une médecine orientale et échappe ainsi à l’étiquette d’expérimentation absconse. Il vient naturellement de parler médication à propos de Faitiche, ses artisans élaborent une musique aux effets palliatifs, construisent leurs instruments avec l’orfèvrerie de physiciens, poussent la technique et la recherche jusqu’au fond de leurs imaginaires fantastiques. Quand à cela s’ajoute les travaux posthumes, arrivés miraculeusement entre les mains enthousiastes de Jelinek, d’une pharmacienne nommée Ursula Bogner, on comprend que tous, au label, poursuivent l’idéal d’une musique thérapeutique. Bogner, Fujita et Jelinek sont trois collectionneurs géniaux, des fétichistes apothicaires confectionnant leur son à partir de matières aux vertus demeurant secrètes sans leurs sciences. Ils tirent de leurs pots de Damas, maniaquement alignés sur leurs étagères mentales des solutions miraculeuses où chaque ingrédient vient toucher sa cible, chaque synapse et nerf irrigués, le résultat d’une alchimie libre (où la somme produit une matière unique).

Rédigé le 21 décembre 2011 par MARCALB · Classé dans Chroniques
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Le hasard fait souvent mal les choses, Václav Havel, que Milan Kundera décrivait comme une oeuvre d’art ambulante, s’est éteint hier à l’âge de 75 ans. Grand dramaturge, essayiste et homme politique tchèque, sa réputation n’avait d’égal que son humour.
Outre cette même qualité, ses deux compatriotes Martin Vodicka et Jan Vaclavik partageaient un autre point commun avec leur défunt président : l’enthousiasme pour la musique.
Il y a dix ans, à l’époque où Havel dirigeait encore le pays, les deux amis faisaient tout juste connaissance à Prague, au beau milieu d’une cour de récré, et ne se sont par la suite jamais séparés.
Depuis, tel Gregoire Samsa, la métamorphose a fait d’eux ces curieux hexapodes électriques qui ne cessent de nous surprendre et nous enchanter. Etonnament, leur parcours n’a pourtant rien de kafkaïen, tant l’ambiance semble tout être sauf absurde, opressante, confuse, illogique ou même incompréhensible. Bien au contraire, ce n’est pas au delà du réel, du palpable, que s’encre leur atmosphère, puisqu’en effet le duo détient la particularité préstigieuse de composer et jouer en tournant de véritables potards sur des machines authentiques.
Afin d’entamer 2012 aussi adroitement qu’ils avaient terminé cette année, Insect Elektrika rejoindra bientôt les rangs d’Hex, le nouveau label de Memnok (CLFT0009), avec Mexican Guy.

Rédigé le 19 décembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Il semble encore incongru de voir se mêler à la même filiation les noms de Downwards et Blackest Ever Black à celui Modern Love. Aux correspondances graves et sombres qu’appellent les premiers s’agrègent péniblement les allusions sirupeuses qu’évoquent le dernier. Aussi impropres qu’elles soient, ces fadaises se font pourtant toujours le titre, une décennie bientôt passée, d’un travail tout aussi obsédé que celui de ses parents autour du noir musical et même, dévient lentement vers un entendement plus seyant à sa matière.
De l’aveu de son créateur, le label émergea sans que ne lui soit adjoint de perspective musicale prédéfinie. A l’opposé des formations ultra-segmentées qui se font aujourd’hui, Modern Love s’est laissé former au gré du temps et des fluctuations de son entourage direct. Cette abandon hasardeux, qui lui coute sans doute son appellation et ses premières sorties, lui confère aussi une cohésion particulière, moins rationnelle qu’à l’accoutumée, qui ne repose que sur le déroulement aléatoire, chanceux du temps et des accointances. Le caractère de label s’est réalisé plus qu’il ne s’est construit; les échanges et les évolutions des artistes modèlent le produit, les influences s’interpénètrent de sorte qu’on retrouve la marque de chacun des acteurs dans toutes les productions. Le quintet mancunien M. Stewart, A. Stott, M. Whittaker, G. Howell et S. Canty s’est approprié le label et se laisse dériver sur les courants de chacun. Les extensions atlantiques vers Deepchord presents Echospace ramifient plus encore l’expérience sans jamais l’écarter du centre grave qui aimante le collectif. Aborder séparément les artistes, malgré d’importantes variations de style, semble désuet. La somme des productions atteint une valeur bien différente de leur simple addition et, grâce au travail solidifiant du temps, produit une œuvre unie.

Rédigé le 16 décembre 2011 par MARCALB · Classé dans Chroniques
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À en croire certains, le CD aurait jadis anéanti le vinyl. Si l’on en écoute d’autres, le Mp3 tuerait à petit feu l’industrie du disque depuis quelques années. Et voilà qu’on entend même en ce moment, que le retour du vinyl, revanchard, ferait du mal aux ventes de Mp3. Peu nous importe en fait de savoir qui, dans cette histoire, a tort ou raison, si tant est qu’il soit légitime de remettre en cause les arguments des uns plutôt que des autres ; le vrai coupable n’étant pas l’un de ces trois protagonistes, mais probablement plus à chercher du côté des grands pontes de l’industrie musicale.
Pour trancher dans cette polémique qui d’ailleurs n’en est pas une, nous avons donc décidé de vous offrir – dans un joli packaging – l’entière collection des épisodes de notre podcast, en Mp3 gravés sur des CD calquant le vinyl, et ce, à titre complètement gratuit.
Distribués aléatoirement un peu partout dans Lyon dès à présent, ils continueront de l’être à l’avenir, et jusqu’à ce que mort s’en suivent.
Nous n’avons pu couvrir la totalité de ce vieux continent, et ne pourront non plus vous en envoyer par la poste, notre situation prolétarienne ne nous permettant pas ce genre de mégalomanies. Si toutefois vous souhaiteriez les trouver près de chez vous, prenez votre mal en patience, qui sait, peut-être qu’un jour nous en auront les moyens.
Joyeux Noel. Mort aux débats. Place aux ébats.

Rédigé le 15 décembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans Chroniques
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En général, quand on entend parler de Patagonie, c’est surement que Nicolas et Florent n’en sont pas loin ; le premier sur tf1, le second le fisc aux trousses.
Bruno et Lucas vivent à Neuquen, la capitale du lieu dit, mais bizarrement, ne perçoivent pas Ushuaia comme un gel douche à l’aloe véra ou cette piètre emission qui salit nos écrans. Bizarrement encore, ils n’ont jamais eu le plaisir d’écouter – fort heureusement pour eux – ce véritable pamphlet qu’est « Ma liberté de penser ».
Tout juste agés de 20 ans, les deux amis, coincés dans leur oasis urbaine, jouent depuis quelques années dans de modestes bars ou des soirées privées, la ville qu’ils habitent ne disposant ni des infrastructures, ni du public voué à la techno froide qu’ils courtisent.
Du coup, leur seul moyen de s’évader se résumant à la musique qu’ils produisent, c’est en Europe qu’ils signent leurs plus belles escapades, en attestent leurs palmarès chez Code2, Lethal Dose, Shout Records ou Freitag Limited.
Nous les avions découvert chez notre adorable et fidel concurrent Dark Material Podcast, aujourd’hui c’est ici qu’ils nous bénissent de leurs quatre mains, et nous n’en sommes que d’autant plus convertis. Pour bien commencer 2012, ils sortiront Mental Weather & Viaje A Canada #4 sur le label ukrainien Lethal Dose, ainsi que Psychatric, promenade apocalyptique en 3 temps, chez Wandler Records.

Rédigé le 14 décembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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L’Argentine a bonne réputation Moneygram locations en ce qui concerne sa viande, qu’elle soit bovine et cuite en asado, ou bien humaine et destinée à courir après un ballon. Cependant il reste rare qu’on évoque l’éminence de sa scène locale, bien qu’elle regorge de multiples talents, et ce, surtout quand il s’agit de parler techno.
Gonzalo Medina a 23 ans et ne se soucie guère de savoir s’il doit préférer River à Boca ou bien manger ses grillades saignantes plutôt qu’à point.
Ayant grandit à Buenos Aires, qui constitue en quelque sorte le detroit du sud des Amériques, autant musicalement que géographiquement, il n’y a donc rien de surprenant au fait de l’entendre citer Mad Mike, Aquanauts, Dj Skurge ou Scan 7 à propos de ses influences, ainsi que de le voir sortir ce que nous appellerons des tubes, sous l’alias Exe.88.
Actuellement, le porteño étudie le mastering sous la tutelle d’un énigmatique « prestigieux professeur » nommé Mariano Blaintein, au sujet duquel nous n’avons pas trouvé le moindre renseignement.
Soutenu et playlisté par les véritables demi-dieux que représentent à nos yeux Ascion, Perc, Xhin et Dvs1, il vient tout juste de sortir Signal Of Uritorco, deux titres suintant bon le dub que nous apprécions, sur l’effrayant label italien Shout Records.

Rédigé le 7 décembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Hambourg est une ville bourgeoise sans grande splendeur dont la réputation se résume paradoxalement à son nombre d’églises et sa recrudescence de bordels. Autrefois surnommée « la porte ouverte sur le monde », il semblerait qu’actuellement Berlin lui ai subtilisé sa place, la laissant seule, croupir injustement dans l’ombre de son rayonnement.
David Eßer y est né, l’aime, l’habite encore aujourd’hui, et devrait probablement y finir ses jours.
À 22 ans, il se décrit comme un homme tout à fait normal, hédoniste sur les bords, appréciant les choses simples, tel que danser, boire, cuisiner, dessiner et faire partie des 5,8% de chômeurs allemands.
Plus jeune, ses journées se résumaient à écouter du punk, animer une émission de radio politisée, et lutter à sa façon contre le retour du fascisme. Depuis, Gaiser, avec Blank Fade, Felix Lorusso, avec le Cirque du Minimaliste, mais aussi Wahrlich, avec ses soirées Plux, ont tout trois participé, de différentes manières, à faire de David Kamika. Du coup, son emploi du temps a changé : c’est assis devant son ordinateur qu’il s’occupe désormais, du soir jusqu’au matin et sans trop se soucier d’où est-ce que ça pourrait le mener.
Pour l’heure, il sortira prochainement Dark Seduction chez Divided, excellent EP dont le titre du même nom n’est autre que la parfaite entrée en matière de ce quatorzième épisode de notre podcast.

Rédigé le 6 décembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Il y a deux styles de japonais californiens. Le premier a les cheveux longs, vit à Los Angeles et cire les pompes de tout le gratin, au point qu’il n’a plus qu’à crier « whoop whoop » pour que les dollars pleuvent. Le second habite San Francisco, n’a pas de page wikipedia, agit plus discrètement, et surtout, produit plus sincèrement. Inutile de vous dire duquel il s’agira ici.
D’un père nippon et d’une mère sud-américaine, Haruyoshi Miura a grandit aux quatre coins du globe. Avant d’atterrir aux États-Unis, c’est à Buenos Aires en Argentine, alors qu’il y passait son bac, que Crawlie découvre la techno au Creamfields et décide d’utiliser sa groovebox 307 autrement.
Aujourd’hui, à 30 ans, Haruyoshi est ingénieur du son et possède différents labels, dont Kabutomushi, sur lequel sont déjà apparus Ardalan, Shin Nishimura, Steven Campodonico et Brian Knarfield. Depuis Janvier dernier, il se concentre sur Coal, son nouveau projet, créé dans l’intention d’enrayer la proéminence de la scène deep house locale par quelques substances obscures raffinées. Après Insect Elektrika, Daegon, Monktec et Elysée, Eiht et Geoff Bell en rejoindront les rangs prochainement .
En ce qui le concerne, après avoir sorti ses deux prochains EPs chez Nutation et sa fameuse nouvelle maison, Crawlie se transformera en Malbec, hybride personnage dont la musique nous rappelera le goût de ce vin argentin auquel son nom fait référence : sombre, profond et délicieux.

Rédigé le 28 novembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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S’il y a bien un domaine en France dont Paris n’est pas le triste nombril, c’est surement celui que nous affectionnons tant. Laissez nous donc constater qu’en effet, comme le prouvent nos précédentes attentions, la scène techno minimal tricolore prend ses racines, ses formes et son envole, au sud de notre pays. A croire que la chaleur, aussi paradoxalement que cela puisse paraître, soit le contexte privilégié de cette musique pourtant si froide et si brutale, tandis qu’au nord la mode tend aux sonorités transpirant la plage, le sex, et les palmiers. C’est bien connu : les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés. Mada & Plankton habitent tout deux en Provence et confirment notre règle pour le moins hasardeuse, sans en être l’exception.
Ensemble ou en solo, ils se sont édifié en moins de trois ans un repertoire impressionnant. Jeter un rapide coup d’oeil aux presque dix pages qui composent leur catalogue sur beatport suffit à nous faire saliver. Déjà signés sur les référents Nachtstrom, Brood, Phobiq, Naked Lunch et Android, Anouar et Cedric, comme les avaient initialement appelé leurs parents, sont aussi membre co-fondateurs, au même titre que leurs amis Trebor, Jull’ et Koechlin, de l’écurie Tanz Factory.
Inauguré en milieu d’année, le label arrive à sa huitième sortie et continue tranquillement d’explorer dignement les divers routes qui mènent à la techno. Perc, Attemporal et Dustin Zahn n’hésitent pas à les revisiter, et nous ne nous lassons jamais de les réécouter.
Amis lyonnais, nos deux compères se produiront au Pearl le 16 Décembre prochain. N’oubliez pas vos gilets de sauvetage, ou bien venez accompagné d’une personne sachant nager.

Rédigé le 24 novembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Il y a bien longtemps que nous suivions Tomas, à l’aveuglette et sans réellement savoir pourquoi, puisqu’en effet à l’époque, il n’était pas encore clairement le producteur talentueux qui émerge ces temps-ci. Peut-être était-ce instinctif, ou tout simplement hasardeux, mais quoi qu’il en soit, ce n’est jamais sans satisfaction que nous avons conservé une oreille attentive et attendrie à la plupart de ses faits et gestes. Il y a une quinzaine de jours, le parisien frappait fort, à deux reprises, au coude à coude, et coup sur coup.
En signant Scopic Drive sur Correspondant, la nouvelle écurie de Jennifer Cardini, Tomas a prouvé de la plus belle façon qu’il méritait sa place parmi les rares acteurs sagaces dont dispose encore notre vieux pays sclérosé. Avec Flesh, quatre titres sensés décrire la cible d’une chasse aux cerfs – si toutefois on peut se fier à google traduction – il rejoint Snork Entreprises en s’inscrivant parfaitement dans la ligné du style de la maison : tout aussi prodigieux que burlesque.
Le syllogisme est alors aristotélicien : Monsieur More s’attire les regards et soutiens du beau monde de l’électronique, et notamment ceux de Magda, actionnaire majeure d’Items & Things, sur lequel il sortira bientôt son prochain maxi.
En attendant, voici quelques morceaux élégants, sélectionnés par ses soins dans l’idée de laisser parler d’elles-même ses influences.

Rédigé le 23 novembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans Chroniques
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Tandis qu’il donnait banquet à sa cour, l’idée vint à Louis XI de créer une harmonie avec des porcs. L‘abbé Baigné, qui entretenait depuis longtemps par sa musique les plaisirs du monarque, ne trouva à son esquisse qu’imposer un certain délai pour le satisfaire une nouvelle fois. Un mois lui suffirait.
Il sélectionna d’abord son choeur. Selon les timbres il constitua des ensembles: huit truies pour les ténors, huit cochons pour l’alto, huit sangliers pour la basse, huit marcassins qu’il castra lui-même pour les sopranos. Alors qu’il engraissait son orchestre, il s’attela à la construction de son instrument. Il bâtit une espèce d’orgue, dont les touches, dispensées sur trois claviers, étaient reliées à des fils de cuivre se terminant par des pointes de fer aiguisées qui venaient piquer les porcs. La herse articulée par les doigts de l’Abbé arrachait ainsi à son choeur, rassemblé sous une tente et disposé selon ses tonalités, les notes voulues. Lorsqu’il fut satisfait de ses répétitions, il invita son Roi à écouter sa composition.
Le concert produisit une harmonie telle qu’elle laissa l’Abbé suspect aux yeux de l’assemblée. Il fallut à Louis XI soulever la voilure du chapiteau pour s’assurer de l’honnêteté et contempler toute l’inventivité de son musicien.
Le talent de Baigné comme la science de Matthew Herbert donnent à nos oreilles des intrigues qu’il nous auraient été impossible d’imaginer. One Pig, qui fait suite à One One et One Club, met en musique la vie éphémère de cochons jusqu’au repas final. L’ingéniosité de l’anglais, qui habille de sonorités électroniques excentriques, douces puis dramatiques, pour la plupart issues du porcin, confine à celle de son illustre prédécesseur ecclésiaste.
Outre le débat qu’a pu susciter l’album auprès des associations animalières, le dernier volet de la trilogie dévoile un peu plus la réserve imaginative d’un musicien qui cherche de la beauté dans les rebuts et parvient à faire surgir lui aussi une harmonie étrange et sacrilège dont on se délecte, à Lyon et ailleurs.

Rédigé le 13 novembre 2011 par MARCALB · Classé dans Chroniques
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Nous sommes le 11/11/11, et voici, tout à fait inintentionnellement, le onzième épisode de notre podcast.
Il y a onze ans, Hannes Whilhelm avait onze ans, et n’était pas encore pubert. Aujourd’hui, si nos calculs sont bons, il en a donc 22 et habite toujours sa ville natale de Neubrandenburg, à quelques kilomètres de Berlin, où sa vie se résume en quatre mots : « work, eat, sleep, music ».
Sakid, comme il aime se faire appeler, est résident de le soirée Human Electronique au club M-Bia, qui accueille tout les mois en capitale germanique le showcase de Frucht et d’autres labels apparentés.
Producteur discret, dont le répertoire se limite au single Blurred Vision sorti en juin dernier sur Fourth Kind, l’exorbitant label de Memnok, le jeune allemand reste cependant un remarquable sélectionneur musical, excellant dans l’art d’animer des cérémonies nocturnes, tant par sa technique irréprochable que par la finesse de ses choix, l’unicité de son esthétique.
Hans a la chance de partager l’affiche avec ceux qu’il admire, ceux qui l’influencent, mais aussi le mérite de les concurrencer derrière les platines, comme en témoigne ce set que rien n’effraye, au travers ces deux heures qui le font durer.
Pour l’heure, il ne sait pas quand est-ce qu’il aura de nouveau l’occasion d’élargir son catalogue, ni même la date de sa prochaine performance, mais il compte bien s’en occuper, lorsque toutefois, il en aura le temps.

Rédigé le 11 novembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Nicolas est étudiant en communication visuelle, Rafael, lui, est vendeur dans une boutique de fringue à la mode. L’un comme l’autre, ils font parti du jeune collectif marseillais Metaphore, dont nous vous avions récemment déjà parlé. Ensemble, ils forment Black Sheep, projet musical à deux têtes et quatre mains, ainsi nommé, non pas en hommage au vieux groupe de rap américain, mais en référence à la symbolique du mouton noir, car ils n’ont pas pour habitude de suivre le sens de la démarche.
Effectivement, comme en témoigne Wilderness, premier opus signé sur le label ukrainien Lethal Dose en juin dernier, leur atmosphère est surprenante, tant elle fuit tout académisme, tellement elle s’émancipe des conventions.
De l’étrange idée de mélanger une minimale sombre et qualitative, inspirée de leurs idoles Seph, Dilo, Gurtz, Nojoke ou P Caulfield, à une banque de samples mélodiques et rythmiques issues des disques world qu’ils glanent à la bibliothèque, résulte ce qu’ils appellent eux-même le genre innovateur de la techno ethnique. Cependant, attention, les deux compères n’ont strictement rien à envier aux divers et récents excès de tropicalités. Associer des éléments a priori disparates et non-miscibles n’est pas ici antonyme de finesse. Le mélange est homogène, le plaisir analogue, et l’aboutissement inouï. Cet épisode de podcast en est d’ailleurs le parfait écho. Prenez le temps de l’écouter, et tenez vous au courant : prochainement, ils sortiront gratuitement Kei Kei sur l’inaccoutumé netlabel suisse Monokrak, et se produiront au London Club à Marseille, au côté du vétéran de la house Alton Miller.

Rédigé le 9 novembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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D’après la classification de Josef Allen Hynek, la rencontre du quatrième type correspond au moment où les témoins visuels d’un OVNI se font enlever par ses occupants. Depuis un an et demi, Memnok et son ami Duky dirigent élégamment Fourth Kind, label nommé en conséquence, puisque d’une certaine manière, ils y capturent l’attention de producteurs dont les sonorités étranges ne seraient susceptibles d’emballer qu’une oreille extraterrienne.
Jeremy Brown, de son vrai nom, nous vient de Muskegon, petite ville portuaire lugubre de l’ouest du Michigan, à quelques encablures de l’eden Detroitien. De cette région grisâtre et cafardeuse où il grandît sans internet, au seul rythme de sa collection de films d’horreur et de science-fiction, il a tiré son inspiration. Enfant déjà, seul les touches les plus graves du piano familial l’attirait, aujourd’hui encore, à bientôt 40 ans, sa techno respire bon le vague à l’âme et l’austérité.
Introduit à la musique éléctronique par les galettes de Beyer, Lekebusch, Liebing ou Jabberjaw qu’il allait à l’époque s’acheter dans la cité voisine de Grand Rapids, Memnok distribue maintenant ses propres disques, dont le funk sombre et l’armature dépouillée lui auront déjà valu les regards distingués d’Audio Injection, Sir Hawtin, The Advent et Claude Von Stroke.
Actuellement Jeremy travaille sur son nouveau projet de label, Hex, qui réunira bientôt quelques uns des plus méritants acteurs de la scène darkos. Dans les prochaines semaines, il sortira Swordpussy sur Cirque du minimaliste, ainsi que plusieurs collaborations, avec notamment Tiari, Monocraft et Daegon.

Rédigé le 26 octobre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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On aime à rappeler ici les villes d’où nous provient la musique, non pas que la géopolitique musicale nous préoccupe, mais parce qu’il est toujours bon de se souvenir qu’avant d’atterrir sur beatport ou soundcloud, la musique dépend d’abord de sa banlieue, dont elle n’est au final que l’écho ou le prolongement.
Il fallait au moins le collectif de Magazine pour embrasser tout l’héritage musical de Cologne, dont beaucoup trouvent encore à exhumer les perles égarées du post-punk comme des premiers tâtonnements du minimalisme électronique. Désireux d’entamer une nouvelle épopée musicale, le label monté par Barnt, Crato et J-Ü. Beyer saisit et s’affranchit d’une culture locale soit-disant insurmontable, pour tracer une ligne très contemporaine, oscillant habilement entre krautrock, études techno abstraites et expérimentations rythmiques maîtrisées.
En multipliant les collaborations -que l’on sent bouillonnantes- entre artistes eux-mêmes largement portés sur la recherche musicale, le label parvient à tirer un produit atypique, délicat et expressionniste, que chaque musicien contribue à épanouir. Le super-ensemble Cologne Tape catalyse les concepts « métapop » de J.Burger, l’ambiant aérienne d’A.Willner (The Field) et des rythmiques variées, agrémentées d’un travail sonore mêlant acoustique et électronique léchée. Les musiciens se baladent dans leurs productions comme dans le label: Barnt assure la sortie #2 et nous surprend avec trois titres entre techno angoissante et exploration sous-marine. Beyer s’essaye lui à l’occasion d’une association avec le groupe de percussionnistes Drums Off Chaos, dont on avait perdu la trace. L’ensemble se prête à un exercice de composition spontanée innovant, qui n’en finit plus d’attiser notre curiosité.
L’identité de Magazine, pas même fendillée par la pléthore des artistes s’y rattachant, tient dans la fraîcheur et l’inventivité. L’univers graphique du label en atteste : collages industriels, canevas alambiqués, défilés d’hommes, d’objets, du présent et du passé, prodigieuse somme d’inventions étrangement attractives, prennent leur sens dans leur juxtaposition et servent au mieux leur travaux musicaux, dont voici un rapide aperçu.

Rédigé le 23 octobre 2011 par MARCALB · Classé dans Chroniques
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Autrefois Frank Gonzalez habitait Merida, megapole mexicaine dans laquelle il travaillait comme avocat, au beau milieu d’un contexte judiciaire confus, perverti et rongé par la corruption. Aujourd’hui, le décor a changé, son cheval de bataille également.
Après avoir quitté son emploi et déménagé à Wedding, quartier au centre de  Berlin, notre homme se fait maintenant appeler Splatter, et consacre dorénavant sa vie aux plus prestigieuses des musiques d’ordinateurs. À 23 ans, déjà cinq formidables long formats, et tellement d’autres sorties que nous avions la paresse de toutes vous les compter, Frank progresse sereinement, de sa techno analogique et sanguinaire des débuts, jusqu’aux sonorités bigrement plus abstraites du temps présent.
« L’éclaboussure », comme il se traduirait en français, est également à l’origine de l’un des projets les plus foisonnant de cette année 2011. En effet, avec habilité, il dirige Frucht, label dont nous ne cesseront de vous vanter les qualités, et qui, comme le prouve encore Kaktusfeige, sa dernière compilation en date, mériterait sans doute un peu plus d’attention, d’audition, et surtout, de considérations.
Le mois dernier il créchait ici, parmis nous, et vous étiez bien trop nombreux à l’avoir ignoré. Peu importe, c’est sans rancune, aucune, qu’il vous propose cette séance de rattrapage. Prenez votre temps pour les regrets, écoutez, puis mordez vous les doigts, bien fort.

Rédigé le 17 octobre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Dans l’hypothèse où la France daignerait bien faire une place à ce qui ne s’appelle autrement que techno, Alejandor Trebor en deviendrait probablement l’une de ses plus grandes fiertés. À 24 ans et tout juste deux années de carrière, Damien Lapéna possède ce genre de CV, qui, ailleurs, lui aurait valu plus d’une embauche. Supporté par Erphun, Carassi, Fitzpatrick, Capriati et autres experts en la matière, le bucco-rhodanien a de quoi se targuer à la cours de récré. Sous l’influence de Robert Hood, Dustin Zahn ou Audio Injection, il produit sans relâche ces frasques violentes aux pieds lourds et réverbatifs, qui, certes, ne bouleversent pas les conventions, mais suffisent à nous satisfaire, de par leur indéniable qualité.
Après de nombreuses sorties chez les cauchemardesques Nachtstrom et Naked Lunch, ou encore du côté de Cologne, sur Trapez, illustre filière du mythique Traum Schallplatten, le voilà maintenant, avec ses amis et producteurs Plankton, M.A.D.A. et Ben Koechlin, maître de sa propre structure. En effet, depuis le début d’année, il s’occupe de diriger ce beau projet qu’ils ont nommé Tanz Factory, véritable usine à tubes, que nous vous conseillons vivement de surveiller.
Pas de repos pour ce jeune homme qui, entre deux sessions studio et une virée au Velodrome, vous a enregistré ce set, qui ne vaut la peine d’être écouté qu’à un volume exagéré. Il sortira prochainement sur le label new-yorkais Hidden, Quemadura Del Sol, morceau académiquement efficace, dont le remix de Perc sent bon l’industriel.
Si vous êtes toulousain et gourmand, allez le voir mi-Novembre à l’Inox, si malheureusement vous n’êtes que lyonnais, pour une fois souriez, il passera le mois suivant par le Pearl.

Rédigé le 13 octobre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Dans un dictionnaire ou à l’école, on apprend que la métaphore est une figure de style, qui se caractérise par l’emploi d’un terme concret pour exprimer une notion abstraite, sans qu’il y ait d’élément introduisant formellement une comparaison. Chez Lacan, le terme renvoie à un processus consistant à remplacer un signifiant par un autre, qui en devient refoulé. À Marseille, c’est un collectif de passionés qui souhaiteraient voir changer leur ville, créer d’autres alternatives, et faire entendre leur cause.
Qu’ils s’appellent Valentin, Colin, Loic, Alex, Norman, Nicolas ou Raphael, ces phocéens ont du goût, et surtout des idées. Il y a quinze jours, pendant que les masses se prélassaient à Marsatac, nos jeunes compères se réunissaient le temps d’une soirée avec leur entourage, dans les vestiges d’un vieux bunker qu’ils avaient pour l’occasion aménagé, bien sur, sans autorisation. L’esprit n’est pas nouveau, mais si rare aujourd’hui.
Pourtant, quand on y pense, c’est presque plus facile à faire qu’à dire : un groupe électrogène, une paire de spots lumineux, les enceintes d’un copain, quelques peintures sur les murs, et puis un peu de bouche, du rhône à l’oreille. Voyez vous même, par cette notice vidéo, ou bien ce compte-rendu photo, l’initiative (et non pas l’entreprise) est à porté de tous, ou du moins de tout ceux qui en ont. Malheureusement cette dernière condition, vitale, semble apparemment faire défaut à la plus grande partie des promotteurs français, qui, bloqués par leurs intérêts pécunier, ne s’évadent que trop rarement de l’enceinte des clubs, pourtant tellement lassante et étouffante.
En principe et d’ici peu, Metaphore reviendra avec de nouveaux événements, dont le prochain devrait sonner bon l’argentine, mais chut, c’est un secret, nous n’en diront pas plus.
Renseignez-vous!

Rédigé le 12 octobre 2011 par JNPLSRC · Classé dans Chroniques
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Donner corps à l’attraction des hommes pour le sinistre n’est pas, aujourd’hui qu’ont les dit avides ou déjà transits de bonheur, la plus gratifiante des entreprises. La gratitude et l’unanimité n’étant pas ses ambitions, Kiran Sande a fondé Blackest Ever Black, dans un élan sincère et pas si tourmenté qu’il y paraît. Après une année écoulée, quatre et bientôt une cinquième sortie, il était temps de revisiter les esprits habités qui animent ce label.
C’est au fil du temps, que celui qui est aussi fondateur de Factmag, a su affiner son goût pour la mélancolie musicale, explorer, apprendre et apprivoiser son aimantation récurrente pour les sonorités graves et sérieuses. Dorénavant, appuyé par l’expérimenté Karl O’Connor aka Regis, il se consacre à ce projet dense au caractère affirmé, extension élégante et maîtrisée des chemins ouverts par Sandwell District et le regretté British Murder Boys. Entre romantisme sauvage et poétique sépulcrale, BEB dévoile sa passion de l’étrange anxiogène à travers de remarquables visuels. On sent l’ensemble solide et cohérent, muri et idéalement tourné vers les auditeurs, qui peuvent en plus s’aider de ces podcasts, synthétisant les influences dont les artistes se sont tous dit traumatisés. 
Le line-up coïncide avec les parentés présentées et adopte divers accents: on y retrouve le suscité Regis, qui, selon ses acolytes, soigne ses compositions les plus abouties, le post-punk décoloré de Tropic of Cancer, aux voix lointaines et religieuses, mais aussi Raime, duo londonien aussi effroyable qu’énigmatique, qui sortira ce mois Hennail, fameux et tant attendu cinquième opus de cet intègre label.

Rédigé le 10 octobre 2011 par MARCALB · Classé dans Chroniques
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Non, nous ne citerons pas Steve Jobs, dj Medhi, et encore moins les primaires du parti socialiste. Le site aurait surement gagné quelques points au grand concours du référencement, mais tant pis, après tout, ce n’est pas vraiment l’esprit qui règne ici.
Kretipleti vous connaissez? Non?! Très bien. En réalité, nous non plus.
Découverts au beau milieu d’une beatporcherie automnale, outre le fait qu’ils soient deux, se nomment Thomas et Pehr, vivent à Malmö en Suède, et ne sont pas tellement bavards, nous n’en savons guère plus au sujet de ces mystérieux personnages. D’une intègre discretion, ils tiennent à jour un blog, sans jamais trop en dire. Leurs derniers accomplissements sur Coincidence, Kant, ou Labrynth, jalonnent des artistes renommés, mais ils restent réservés. Les deux compères osent la trance ou autres fantaisies analogiques, toutefois, sans craindre le ridicule, ni même tomber dans le déraisonnable. La solution est harmonieuse, l’ensemble est attachant. À l’écoute, on pense à notre coq Meyer, au vin français, à Samuli Kemppi, leur confrère finlandais, autant qu’à un carton, internationalement surdosé.
N’étant pas au courant de leur actualité, ni même de la date de leur prochaine sortie, que vous conseiller de mieux, si ce n’est de les surveiller.

Rédigé le 7 octobre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Comme il est bon, parfois, de se soustraire aux diverses hégémonies technoïdes actuelles. De plus en plus, les pales copies se multiplient, la qualité déprécie ; notre désir de nouveauté s’enlise, et notre quête d’exception, s’engouffre. Heureusement, certains s’écartent de ces troupeaux bornés, créent le clivage nécessaire au changement, à l’originalité, et décuplent leurs inspirations, questionnent leur imagination.
Divided fait partie de ses labels intelligemment dissidents. Inauguré il y a bientôt un an, sur une initiative du jeune producteur italien Johnny Aemkel, la maison s’efforce de rompre toutes lassitudes, de briser toutes banalités. L’atmosphère y est glaciale, austère, voir tantôt inquiétante, mais surtout novatrice, unique, et rarement fastidieuse.
Outre nos chers amis Elysée, Splatter, Eiht et Dubit, une soixantaine d’artistes s’y côtoient, malgré des horizons très souvent différents. Ainsi, vous y croiserez Daniel Half et ses expériences saugrenues, les cordes euphoriques de Guacko et Ganesha, l’agressivité de Tiari, Mekas et Memnok, ou encore, par exemple, l’étrange féminimalité de Miss Sunshine, Leticia Lemach, Tess Wassila, Linda Swallow et Viktoria Rebekka.
Voici quelques morceaux choisis, qui devraient ravir ceux qui comme nous, n’en peuvent plus de suinter sous été indien, et attendent avec hâte, l’arrivée de la mélancolie hivernale.

Rédigé le 4 octobre 2011 par JNPLSRC · Classé dans Chroniques
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On surnomme Boston l’Athènes des Amériques, en tant que cité studieuse, et fièrement cultivée. Jason Donnaruma est né là-bas, et à 36 ans,  ne l’a encore jamais quittée. Il la trouve petite, malgré ses 4 millions d’habitants, mais il s’en satisfait.
Quoique. Il regrette tout de même les raves qu’il s’y passait 10 ans plus tôt ; celles qui lui donnaient l’envie de créer, celles qui inspiraient ses dessins. En nouvelle-Angleterre aujourd’hui, les choses ont bien changé, musique rimaillent maintenant avec commerce.
Du coup, Jason s’est fabriqué un nouveau costume, qu’il a nommé Monktec. Patchwork de grande étoffes, tels Chris Liebing, Robert Babicz et Speedy J, il l’enfile régulièrement pour défendre sa cause : une atmosphère brumeuse, des lignes de basses maladroites, et puis des percussions, basées sur la retrodiffusion.
Actuellement, il travaille sur un nouveau projet, Beat Developpement, avec son vieil ami et dj Nitekrawla, toujours dans l’intention de redonner un coin d’ombre à sa ville natale.
Il sortira le mois prochain Black Object, ainsi qu’une collaboration transatlantique avec le gapençais Eiht, sur le tout neuf label Shinocs.

Rédigé le 3 octobre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Milan. Loin, au nord des chefs d’œuvre romains, loin des canaux vénitiens, des touristes et de la mer, il n’y a même pas les frasques de la mafia pour passer le temps. Ici, la renaissance ne passe que par la musique. Dans cette cité insipide, Thomas grandit aux côtés de Goblin, Joy Division ou encore My Dying Bride. Sous leurs ombres métalliques, au doux son de leurs âmes sombres et torturées, dans cette noirceur qu’ils semblent emprunter à sa ville, l’ennui prend un sens, et Thomas devient Avatism.
Tout comme ses illustres influences, la force de la musique d’Avatism réside dans ses atmosphères, profondes et taciturnes, taillées dans les ténèbres, faites pour l’introspection et pourtant presque cosmiques. Derrière cette ombre parfois fragile, sensuelle, se cachent des endroits chauds et accueillants, dans lesquels des pulsations au groove insidieux n’hésitent pas à se lover.
Au-delà de la danse et du rythme, c’est le message qui fait toute la spécificité d’Avatism. Un message émotionnel, car sa musique se désintéresse des muscles pour foncer droit au cœur, et aux sens. En club, il jouera live, car c’est finalement le seul moyen pour un producteur de transmettre son univers et de délivrer, pour une fois, quelque chose d’unique et personnel. Pour ces rares moments où le dancefloor s’enfume et que, dans les volutes et l’obscurité, l’ordinateur devient enfin instrument.
Ce mois-ci sortiront deux nouveaux bijoux : Perseverance, sur Dumb Unit, et Thought Patterns, sur Souvenir Music, le label des antiques frères Schwarz. Ici, vous trouverez la dernière en date : Taking It Too Seriously.

Rédigé le 2 octobre 2011 par JNPLSRC · Classé dans Chroniques
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Face à si peu d’enthousiasme quant à notre évenement,  il devenait nécessaire de vous en dire un peu plus au sujet de ces mystérieux invités.
Frucht est un label berlinois dont le nom signifie fruit dans la langue de Goethe, qui d’ailleurs n’est autre que l’allemand. Nous aurions pu filer la métaphore tout au long de cet article, en vous précisant par exemple, que nous les avions repérés en début d’année, bien avant que ne murisse leur première papaye. Ensuite nous aurions brodé quelques phrases autour de mots tel que panier, fraicheur, passion, jeune pousse, ecoly et centrifugeuse, ou encore d’adjectifs comme amer, délicieux, juteux, pourri et défendu.
Tout cela aurait été bien trop pénible, alors contentons nous simplement de vous suggérer d’écouter ces quelques morceaux, sélectionnés avec attention, parmi la vingtaine de sorties dont nous ont gratifié Splatter et ses amis, depuis le printemps dernier.
Récemment mis en jachère, le terrain mesopotamien de la dark musique redeviendra fertil d’ici quelques semaines, au terme desquels vous pourrez notamment gouter à la divine goyave de Felix Lorusso, cultivée avec précision dans l’humidité des caves hambourgeoises.
Pour le moment, nous vous attendons toujours coeurs et bras ouverts, ce jeudi, au DV1 à Lyon, et le lendemain, à la MC2 grenobloise.

Rédigé le 20 septembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans Chroniques
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Julien n’a que 21 ans mais ne se souvient déjà plus de sa première sortie. À l’époque où nous l’avions contacté, le jeune montpelliérain produisait encore cette techno sombre et minimaliste qui nous plaisait tant. Il avait découvert l’électronique via ses escapades nocturnes au bar live et à la villa rouge, aimait écouter Gaiser, Henning, Xavier ou Camea, signait ses morceaux chez Android, E-Minor, Sleaze et Monocline, puis se faisait playlister par Ivan Smagghe, Troy Pierce, Eyerer et d’autres grands.
Il nous avait pourtant prévenu, peut-être que nous refusions d’y croire, mais ce podcast nous le confirme : aujourd’hui Julien a changé. Il puise désormais son inspiration chez Tanzman, Troxler, Clockwork et Art Department, bosse avec le célèbre Timid Boy, rêve de rejoindre Cadenza, Desolat ou Crosstown Rebels, et nous laisse donc pantois, face à une tech house joyeusement rythmée. D’abord stupéfaits par cette métamorphose, c’est en fait avec un certain plaisir que nous nous laissons porter par ce set aux accapelas funky et autres hypnotiques saxophones. La plupart des morceaux qui le composent sortiront dans les prochains mois sur Time Has Changed, mais aussi Konflict, label dont nous vous reparlerons très vite.

Rédigé le 18 septembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Andy a 22 ans, habite Leon, ville industrielle mexicaine, étudie le design digital interactif et collectionne des statuettes de hibou, animal auquel il voue un culte particulier. Découvert au début de l’été via Frucht, notre maison de prédilection, nous n’avons cessé depuis d’écouter et réécouter l’ensemble des trésors qui se cachent sur sa page soundcloud. Pour vous situer, géométriquement, notre nouvelle coqueluche se trouverait quelque part, aux alentours du point d’intersection d’une abscisse profonde et d’une techno ordonnée. Fusionnant volontier une deep house lugubre au dub de ses origines jamaïcaines, au rock progressif de son adolescence, ou aux basses authentiques d’une minimale sautillante, le jeune prodige ne se refuse aucun mélange et synthétise ainsi, une musique simple mais variée, aux mélodies changeantes mais bien mariées.
Afin d’enregistrer ce podcast, Andy a bien voulu interrompre pour nous ses lectures chamaniques. Il entend y raconter une histoire, retraçant la rencontre de personnages aux aspects dissemblables, symbolisés chacun par un morceau différent.
Nous lui promettions un avenir au côté d’une écurie superstar de type Minus, et voici qu’Andy s’en rapproche déjà. En effet, il sortira le 26 de ce mois deux morceaux sur la nouvelle compilation d’Items & Things, le label mené par Marc Houle, Troy Pierce et Magda.

Rédigé le 11 septembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Le jeune hipster français a du mal à se positionner face à la dub techno. Parfois il hésite, il se dit que ça pourrait le faire, grave. C’est cérébral comme musique. Ça s’assortirait bien avec sa paire de bateaux et ses petites lunettes rondes – cet air intello qu’il essaye de se donner, en vain. Après tout, Stroboscopic Artefacts c’est classe, ça buzz pas mal sur Resident Advisor, et puis aussi, il lui arrive de retrouver ce type de sonorités chez Ostgut Ton, le label de Ben Klock. D’ailleurs il était à Berlin cet été et il l’a vu en live, au Berghain.
Malheureusement, l’idée que ses potes puissent le prendre pour un roots finit par lui traverser l’esprit et c’est ainsi qu’il renonce, lâchement, à s’imposer comme le prestidigitateur de cette nouvelle tendance. En fait, le terme dub rime déjà beaucoup trop avec Lee Scratch Perry, qui lui-même rime avec tocard, et ça suffit pour l’effrayer.Tant pis. Ou tant mieux.
Les italiens Tracy & MTD ont monté Sonntag Morgen en début d’année, sans se soucier de cette problématique. Profondément déterminés, c’est en toute fierté qu’ils arborent et défendent les sombres couleurs d’une dub techno simultanément lourde et épurée. Oubliant les branchés mode, le label Western union online s’adresse aux inconditionnels des vieux Substance, Vainqueurs, Basic Channels ou Autechre, proposant une version prodigieusement modernisée de ces influences notables.

Rédigé le 11 septembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans Chroniques
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Nous avions rencontré Hugo l’année dernière, autour d’un deal de CDJ. Depuis, il nous arrive souvent de le croiser dans le quartier, chez notre webmaster ou au café. La plupart du temps dans ces moments là, on s’échange rapidement quelques mots, et puis il disparait, parce que c’est un homme pressé. Il faut avouer qu’être schizophrène, c’est doublement plus occupant.
D’ordinaire, Stinger s’appelle autrement, et produit autre chose. Parfois, sur le pouce, son côté yin l’emporte, et, sous cet alias, il laisse libre cours à ses pulsions les plus brutales. En découle une techno froide, avide d’obscurité, dont lui même n’avait d’ailleurs pas forcément l’intention, et qui pèse lourd dans son disque dur. Sasha Carassi l’invite à signer sur Capsula. Puis Dubfire, Umek, Hawtin et autres princes des tops 50 le gratifient de leurs dix doigts. Lui, de son côté, reste sceptique et attend, sans s’alarmer, ses prochaines convulsions.
Patientons tout de même, en musique.

Rédigé le 9 septembre 2011 par JNPLSRC · Classé dans CLFT Podcasts
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Parler de musique n’est pas chose aisée, contradictoire presque, tant la distance entre ces deux langages -l’un stable, l’autre ondoyant- se creuse à mesure que les mots s’épuisent à décrire, imager, exhorter ce qui n’est que silence élusif. Il faut pourtant bien porter à vos yeux d’abord, pour que vos oreilles s’emplissent ensuite, une présentation d’usage de Pavel Golubovski aka « PG » sur ce morceau issu de « Paste Modeling Silence », compilation expérimentale aussi élégante que sombre et variée qu’adroite. Et puis vraiment, il serait dommage que les bavards comme nous se retiennent par principe et s’arrêtent à l’audition sans y répondre, même maladroitement. Avouez, les mots peuvent parfois servir à nous mener jusqu’à la musique, tout au moins nous y apprêter. D’autant que l’auteur en question cultive la discrétion, signe des productions énigmatiques sur des labels ukrainiens pour moitié disparus et ne nous laisse que languissant devant des titres cyrilliques ésotériques. Il renforce son mystère, apparaît furtivement entre deux rayons de lumière bleue sur YouTube, livre une musique rare et intrigante sans laisser d’autre trace qu’un acronyme et une impression diffuse sur nos tympans.
« Pmm » capte notre attention et l’étreint, nous lie à ses variations avec une redoutable efficacité: il nous malmène avec une ligne basse tenace qui immédiatement soulève le cœur et le cramponne, puis la dédouble, l’aggrave, la syncope, ajoute à l’alarme déclenchée des demi-touches de piano frappées frénétiquement pour densifier son atmosphère lugubre. Le son nous colle une photo jaunie de Pripyat devant les yeux, imprime sa lueur crue sur nos pensées: un halo de réverbère sur le trottoir, un écoulement d’eau, le décompte aquatique régulier, point de fixation hypnotique, des diversions qui nous tiennent en haleine. Les fluctuations sont abruptes, les montées et descentes attendues, les entrées brutales, détachées, le morceau long, pourtant rien ne s’écarte de son élan, tout reste cohérent et contribue à nous y plonger. 9:43 » d’emprise, si révélatrice de notre excitabilité sonore.

Rédigé le 4 septembre 2011 par MARCALB · Classé dans Chroniques
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Andreas Wiegand, l’homme que l’on appelle aussi Andomat3000, a 34 ans et habite Wittenau, quartier au nord de Berlin. Il vit seul, de sa musique, même s’il envisage parfois de se trouver un job plus convenable.
Nous l’avions découvert au fil de ses sorties sur 9Volt, Snork et Microtonal, et souhaitions lui poser quelques questions qui, malheureusement, ne lui ont pas données grande inspiration. Inutile donc de vous restituer cet entretien mot pour mot, mais en voici tout de même les quelques révélations.

Commençons par ses influences… Sur sa page myspace, il indiquait qu’il jugeait inutile de les partager, qu’il le ferait uniquement le jour où quelqu’un s’en préoccuperait. Face à notre preuve d’intérêt, Andreas nous a donc expliqué qu’il écoutait de tout, comme en fait la plupart des gens, acceptant tout de même de nous confier qu’il adore particulièrement les vieux Strictly Rythm, Cajual, Relief, Glenn Underground ou encore le classique mais inévitable Jeff Mills.

À propos de son parcours… Il nous a très brièvement raconté qu’il avait découvert la musique électronique à la fin des années 80, grâce à une tape hiphouse d’un ami. Après avoir commencé à mixer de droite à gauche à partir de 92, ce n’est apparemment qu’en 1998 qu’il s’essayera pour la première fois à la production, pour finalement sortir son premier vinyl en 2001. Point.

Et enfin… Il n’a pas aimé que l’on étiquette ses compositions, encore moins d’Intelligent Dumb Music, comme nous avions périlleusement tenté de le faire. « Bête et lucide, c’est ce qu’on appelle une oxymore non? ». Il n’a pas non plus vraiment apprécié que nous l’imaginions comme quelqu’un d’étrange. Selon lui, tout le monde est un peu dérangé, et surtout notre webzine. Le pire, c’est qu’il a raison. CLFT vient de Colifata, radio de fous, animée par les patients de l’asyle psychatrique de Buenos Aires.

Rédigé le 28 août 2011 par JNPLSRC · Classé dans Entretiens
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Loic Bodjolle a 23 ans et vit à Aix, où il étudie les arts plastiques. Il aime la mode, les jolies filles et supporte l’olympique de Marseille. Guidé par ce qu’il nomme ses états d’âmes, soucieux d’anéantir toute fadeur, il produit depuis maintenant 5 ans une musique sombre, minimaliste, bruitiste et expérimentale. Souvent playlisté par le sacrosaint Hawtin, suivi de près par Seph, Mark Morris ou encore Akiko Kiyama, Elysée se paye le luxe d’être apprécié par ceux qu’il apprécie, d’influencer ceux qui l’influencent.
Plongé dans un univers dont il ne saurait lui-même que difficilement définir les frontières, c’est en toute logique un podcast prodigieusement éclectique que nous avons reçu. Il sortira bientôt sur Divided, Around the World, morceau qui n’a de french touch que le nom et dont la flute nous envoute déjà.

Rédigé le 26 août 2011 par admin · Classé dans CLFT Podcasts
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Grosso modo, la grande famille des producteurs modernes se divise en deux catégories. La première regroupe ceux dont l’identité et les sonorités sont en parfaite adéquation, construites consciemment, l’une au service de l’autre. L’artiste, dans ce cas, réussit généralement à atteindre son auditoire, qui d’ailleurs lui ressemble et lui correspond. Inversement, la seconde classe de compositeurs, celle dont la création ne concorde guère avec la personnalité, peine d’avantage à sortir de l’ignorance.
Nik Brunner, dont l’alias Shuqq n’évoque rien à personne, fait partie de ces incognitos. Ce munichois de 27 ans porte le bouc, met du gel dans ses cheveux roux, écoute Norah Jones, Amy Winehouse ou Pj Harvey, et, cerise sur le gâteau, traine encore sur Deviant Art. Il aurait pu passer ses journées à lire des mangas mais a préféré faire de la musique. Le résultat est troublant ; une techno minimaliste et symphonique, rappelant parfois les frasques d’Enio Morricone, ou, à d’autres moments, les divagations expérimentales de la période concrète. Simultanément pure et malsaine, étonnante de propreté et détonnante de simplicité, l’ambiance est à la confusion et c’est ce qui nous plait.
Nous conseillons donc vivement, à quiconque possède un brin de curiosité, d’écouter attentivement, de la première à la dernière mesure, The one who walked in, authentique concerto déconcertant.

Rédigé le 26 août 2011 par JNPLSRC · Classé dans Chroniques
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